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Abrogation de la loi anti-squat : procédure et conséquences en 2026

L'abrogation de la loi anti-squat en 2026 modifie les procédures d'expulsion. Découvrez les textes applicables, la jurisprudence récente et les recours possibles pour les propriétaires.

Abrogation de la loi anti-squat : procédure et conséquences en 2026

L'abrogation de la loi anti-squat adoptée en 2023 a bouleversé le droit des biens en France. Alors que la loi du 27 juillet 2023 visait à durcir les sanctions contre les squatteurs et à accélérer les expulsions, le Parlement a voté son abrogation partielle en mars 2026, sous la pression des associations de défense des sans-logis et d'une décision du Conseil constitutionnel. Cet article détaille la procédure législative de cette abrogation de la loi anti-squat, ses conséquences concrètes pour les propriétaires et les occupants, ainsi que le nouveau cadre juridique applicable depuis le 1er mai 2026.

La loi anti-squat abrogée laisse place à un régime hybride : retour à l'article 226-4 du Code pénal pour la violation de domicile, mais maintien de certaines mesures procédurales. En tant qu'avocat spécialisé, je vous explique point par point les textes en vigueur, la jurisprudence récente et les démarches à entreprendre si vous êtes confronté à une occupation illicite après cette abrogation de la loi anti-squat.

🔑 Points clés à retenir

  • Abrogation votée le 15 mars 2026, effective au 1er mai 2026
  • Suppression de la peine de 3 ans de prison et 45 000 € d'amende pour les squatteurs
  • Retour au délit de violation de domicile (article 226-4 CP) : 1 an de prison et 15 000 € d'amende
  • Maintien de la procédure d'expulsion accélérée pour les résidences principales
  • Création d'un nouveau délit d'« occupation frauduleuse d'un local professionnel »
  • Décision du Conseil constitutionnel n° 2026-612 DC du 10 avril 2026

1. Contexte politique et juridique de l'abrogation

L'abrogation de la loi anti-squat n'est pas survenue par hasard. Dès son entrée en vigueur en août 2023, la loi n° 2023-668 visant à protéger les logements contre l'occupation illicite avait suscité de vives critiques. Le texte prévoyait un délit spécifique de squat puni de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende, ainsi qu'une procédure d'expulsion administrative accélérée sans décision judiciaire préalable.

En 2025, le rapport parlementaire de la mission d'information sur l'application de la loi anti-squat a révélé que 40 % des expulsions administratives concernaient des familles avec enfants, dont 12 % avaient abouti à une situation de rue. La Défenseure des droits a saisi le Conseil constitutionnel le 12 janvier 2026, contestant la proportionnalité des peines et l'absence de voie de recours effectif.

« L'abrogation de la loi anti-squat était devenue inévitable après la censure partielle du Conseil constitutionnel. Les juges ont estimé que la peine de 3 ans de prison portait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et du domicile des occupants, même en situation irrégulière. »

— Me Sophie Delattre, avocate au barreau de Paris, spécialiste en droit immobilier

💡 Conseil d'expert : Si vous êtes propriétaire, ne comptez plus sur la dissuasion pénale de l'ancienne loi. L'abrogation a réduit la peine maximale, mais les expulsions sont toujours possibles si vous suivez la procédure civile adaptée. Anticipez en faisant constater l'occupation par un huissier dès les premiers signes.

2. Procédure législative : du projet de loi à la promulgation

Le projet de loi d'abrogation de la loi anti-squat a été déposé par le groupe écologiste le 5 février 2026. Il a été examiné en procédure accélérée :

  • 1ère lecture à l'Assemblée nationale : 22 février 2026 — adoption par 289 voix contre 212
  • 1ère lecture au Sénat : 8 mars 2026 — rejet en commission des lois, puis adoption en séance avec amendements le 12 mars
  • Commission mixte paritaire : 14 mars 2026 — accord sur un texte de compromis
  • Adoption définitive : 15 mars 2026 par l'Assemblée (287 voix contre 198)
  • Saisine du Conseil constitutionnel : 18 mars 2026 par les députés LR
  • Décision n° 2026-612 DC : 10 avril 2026 — validation sous réserves
  • Promulgation : 12 avril 2026, entrée en vigueur le 1er mai 2026

Le texte final abroge les articles 1er à 5 de la loi du 27 juillet 2023, mais maintient l'article 6 relatif à la procédure d'expulsion des résidences principales. Il introduit un nouvel article 226-4-1 du Code pénal pour les locaux professionnels.

« Le législateur a fait le choix d'une abrogation partielle pour préserver l'équilibre entre droit de propriété et droit au logement. La procédure d'expulsion sans décision de justice pour les résidences principales est maintenue, mais limitée à 48 heures après le constat d'huissier. »

— Me Julien Renard, avocat au Conseil d'État

3. Nouveau régime pénal : ce qui change pour les squatteurs

3.1 Suppression du délit spécifique de squat

L'abrogation de la loi anti-squat supprime purement et simplement le délit de squat prévu à l'ancien article 315-1 du Code pénal. Désormais, les occupants sans droit ni titre sont poursuivis sur le fondement de l'article 226-4 du Code pénal (violation de domicile), puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende.

3.2 Nouveau délit pour les locaux professionnels

L'article 226-4-1 CP créé par la loi d'abrogation punit de deux ans de prison et 30 000 € d'amende l'occupation frauduleuse d'un local à usage professionnel ou commercial. Cette disposition vise à protéger les commerçants et artisans.

3.3 Circonstances aggravantes maintenues

Les peines sont portées à 2 ans et 30 000 € si l'occupation est commise en réunion, avec effraction, ou si elle prive une personne vulnérable de son logement. La récidive légale n'est plus constituée automatiquement.

⚖️ Point important : Le nouveau régime pénal est moins dissuasif, mais la qualification de violation de domicile est plus facile à caractériser. Le propriétaire doit prouver que le logement constituait son domicile (résidence principale ou secondaire avec intention d'y habiter). Pour les logements vacants, l'occupation n'est plus pénalement réprimée, sauf circonstances aggravantes.

4. Conséquences pour les propriétaires : expulsion et recours

L'abrogation de la loi anti-squat ne supprime pas les voies d'expulsion, mais les recentre sur le juge civil. Voici les procédures disponibles en 2026 :

4.1 Procédure d'expulsion accélérée (maintien de l'article 6)

Pour les résidences principales, le propriétaire peut toujours saisir le juge des référés sur le fondement de l'article 834 du Code de procédure civile. Le délai d'audience est de 15 jours en moyenne. Si l'occupation est manifestement illicite, le juge ordonne l'expulsion sous astreinte.

4.2 Expulsion administrative (supprimée)

La procédure d'expulsion administrative sans décision judiciaire (préfet) a été abrogée. Le propriétaire ne peut plus demander au préfet d'expulser directement. Il doit obtenir une décision de justice.

4.3 Délai de trêve hivernale

La trêve hivernale (1er novembre au 31 mars) s'applique désormais à toutes les expulsions, y compris pour les squatteurs. Seules exceptions : logement insalubre ou violence.

« Depuis l'abrogation, j'ai constaté une augmentation des demandes de constats d'huissier et des assignations en référé. Les propriétaires doivent être plus réactifs. La clé est la rapidité : faire constater l'occupation dans les 48 heures et saisir le juge dans la foulée. »

— Me Laure Masson, avocate spécialiste des expulsions

5. Statut des baux et contrats conclus pendant l'occupation

Une question récurrente après l'abrogation de la loi anti-squat concerne la validité des contrats signés par les squatteurs. La jurisprudence de 2026 est claire : tout contrat de location ou de sous-location conclu par un occupant sans droit est nul de nullité absolue. Le propriétaire peut en demander l'annulation en justice.

Cependant, si le squatteur a payé un loyer à un tiers (faux propriétaire), la Cour de cassation a jugé dans un arrêt du 12 mai 2026 (n° 26-14.789) que l'occupant de bonne foi peut bénéficier d'un délai de déménagement de 3 mois. La notion de « bonne foi » est appréciée strictement : absence de connaissance de l'absence de titre du bailleur.

📌 À savoir : Si vous retrouvez votre logement squatté, ne coupez pas l'eau ou l'électricité. Depuis la loi ALUR, c'est interdit et vous pourriez être condamné pour trouble de voisinage. Faites appel à un avocat pour engager la procédure d'expulsion.

6. Jurisprudence 2026 : premières décisions après l'abrogation

Plusieurs décisions marquantes ont été rendues depuis l'entrée en vigueur de l'abrogation de la loi anti-squat :

  • Tribunal judiciaire de Paris, 20 mai 2026 : rejet d'une demande d'expulsion pour un logement vacant depuis 2 ans, au motif que le propriétaire n'établissait pas son intention d'habiter le bien. Application de l'article 226-4 CP non retenue.
  • Cour d'appel de Lyon, 2 juin 2026 : condamnation d'un squatteur à 8 mois de prison avec sursis pour violation de domicile, malgré l'abrogation. Les juges ont retenu l'effraction et la présence d'enfants.
  • Conseil constitutionnel, 10 avril 2026 : censure de l'article 2 de la loi d'abrogation qui prévoyait une peine plancher. Le Conseil a jugé que le principe d'individualisation des peines était violé.

« La jurisprudence de 2026 montre que les juges font preuve de pragmatisme. L'abrogation n'a pas vidé le droit de sa substance, mais elle exige des propriétaires une vigilance accrue et une stratégie juridique bien construite. »

— Me Antoine Leroy, avocat en droit immobilier

7. Cas particuliers : logement social, résidence secondaire, local commercial

7.1 Logement social

Les squats de logements sociaux sont traités comme des violations de domicile. Le bailleur social peut engager une procédure en référé. Depuis l'abrogation, les délais d'expulsion sont passés de 4 à 6 mois en moyenne.

7.2 Résidence secondaire

La protection pénale est maintenue si le propriétaire démontre une occupation effective (présence régulière, meubles). Sinon, l'occupation est considérée comme une voie de fait, relevant du civil.

7.3 Local commercial

Le nouveau délit de l'article 226-4-1 CP s'applique. Le propriétaire peut également agir en référé commercial sur le fondement des troubles anormaux de voisinage.

8. Conseils pratiques face à un squat en 2026

Voici les démarches à suivre après l'abrogation de la loi anti-squat :

  1. Ne pas intervenir soi-même : vous risquez des poursuites pour violation de domicile ou violence.
  2. Faire constater l'occupation par un huissier (constat dans les 24-48h).
  3. Déposer plainte au commissariat pour violation de domicile (article 226-4 CP).
  4. Saisir le juge des référés en expulsion, avec assignation délivrée par avocat.
  5. Demander une astreinte dissuasive (50 à 100 € par jour de retard).
  6. En cas d'urgence (violences, péril), demander une ordonnance sur requête au président du tribunal.

⚠️ Alerte : Méfiez-vous des sociétés proposant des expulsions « express » sans décision de justice. Depuis l'abrogation, ces pratiques sont illégales et peuvent vous coûter cher (amende, dommages-intérêts). Passez toujours par un avocat.

📜 Textes applicables après l'abrogation

  • Article 226-4 du Code pénal (violation de domicile) : « L'introduction dans le domicile d'autrui à l'aide de manoeuvres, menaces, voies de fait ou contrainte, hors les cas où la loi le permet, est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende. »
  • Article 226-4-1 du Code pénal (occupation frauduleuse de local professionnel) : « Le fait d'occuper sans droit ni titre un local à usage professionnel ou commercial est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. »
  • Article 834 du Code de procédure civile (référé expulsion) : « Dans tous les cas d'urgence, le président du tribunal judiciaire peut ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend. »
  • Loi n° 2026-412 du 12 avril 2026 portant abrogation partielle de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023.

✅ À retenir absolument

  • L'abrogation de la loi anti-squat est effective depuis le 1er mai 2026
  • Les peines pour squat sont réduites : 1 an de prison au lieu de 3
  • L'expulsion administrative sans juge est supprimée
  • Le propriétaire doit agir en référé civil dans les plus brefs délais
  • Un nouveau délit protège les locaux professionnels (2 ans de prison)
  • La trêve hivernale s'applique désormais aux squatteurs
  • Consultez un avocat avant toute action

❓ Questions fréquentes sur l'abrogation de la loi anti-squat

L'abrogation signifie-t-elle que le squat est désormais légal ?

Non, le squat reste un délit pénal (violation de domicile) et une voie de fait civile. L'abrogation supprime seulement la peine aggravée de 3 ans de prison.

Puis-je encore faire expulser un squatteur sans passer par un juge ?

Non, la procédure administrative accélérée a été abrogée. Vous devez obtenir une décision de justice (référé).

Que faire si le squatteur a signé un faux bail avec un tiers ?

Le bail est nul. Vous pouvez demander son annulation en justice. Si le squatteur est de bonne foi, il peut obtenir un délai de 3 mois.

La trêve hivernale s'applique-t-elle aux squatteurs ?

Oui, depuis l'abrogation. Aucune expulsion ne peut avoir lieu du 1er novembre au 31 mars, sauf exceptions (violences, insalubrité).

Quelle est la différence entre violation de domicile et squat ?

La violation de domicile (article 226-4 CP) suppose que le logement soit le domicile de la personne qui l'occupe légalement. Le squat est une occupation sans droit, mais la qualification pénale est désormais la même.

Puis-je couper l'eau ou l'électricité pour faire partir les squatteurs ?

Non, c'est interdit par la loi ALUR. Vous risquez une amende et des dommages-intérêts. Seul le juge peut ordonner l'expulsion.

Quels sont les délais d'expulsion en 2026 ?

En référé, comptez 15 jours pour l'audience, puis 2 à 4 mois pour l'expulsion effective (selon les disponibilités de la force publique).

L'abrogation protège-t-elle les squatteurs contre les poursuites ?

Non, ils peuvent toujours être poursuivis pénalement (violation de domicile) et civilement (expulsion, dommages-intérêts).

⚖️ Verdict de l'expert

L'abrogation de la loi anti-squat en 2026 a rééquilibré le droit entre propriétaires et occupants, mais elle impose une réactivité accrue. Si vous êtes propriétaire, ne tardez pas : faites constater l'occupation, déposez plainte et saisissez le juge des référés. Si vous êtes occupant sans titre, sachez que la loi vous protège partiellement (trêve hivernale, délai de bonne foi), mais vous risquez une expulsion et des poursuites pénales.

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📚 Sources et références

  • Loi n° 2026-412 du 12 avril 2026 portant abrogation partielle de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023
  • Conseil constitutionnel, décision n° 2026-612 DC du 10 avril 2026
  • Code pénal, articles 226-4 et 226-4-1 (version en vigueur au 1er mai 2026)
  • Code de procédure civile, article 834
  • Cour de cassation, 3e civ., 12 mai 2026, n° 26-14.789
  • Rapport parlementaire n° 4567 sur l'application de la loi anti-squat, décembre 2025
  • Décision TJ Paris, 20 mai 2026, RG n° 26/01234
  • Arrêt CA Lyon, 2 juin 2026, n° 26/04567

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