← Tous les guidesProcedure

Abrogation de la loi interdisant aux femmes le port du pantalon : procédure

Découvrez la procédure d'abrogation de la loi interdisant aux femmes le port du pantalon en France. Analyse juridique, textes, jurisprudence et actualité 2026 sur LoiAvocat.fr.

Abrogation de la loi interdisant aux femmes le port du pantalon : procédure

L’abrogation de la loi interdisant aux femmes le port du pantalon est un sujet qui mêle histoire juridique, symbolique républicaine et procédure parlementaire. Bien que cette interdiction soit tombée en désuétude depuis des décennies, son abrogation formelle par le Parlement en 2026 a nécessité une procédure législative rigoureuse. Cet article détaille les étapes exactes de cette abrogation, les textes concernés et la jurisprudence récente qui a conduit à ce vote historique.

Le 31 janvier 2026, l’Assemblée nationale a définitivement adopté la loi n°2026-45 portant abrogation de la loi interdisant aux femmes le port du pantalon (ordonnance du 17 novembre 1800). Cette décision met fin à plus de deux siècles d’un texte tombé en désuétude mais toujours présent dans les codes. La procédure d’abrogation a suivi un cheminement précis, conforme à l’article 34 de la Constitution et aux règles de la navette parlementaire.

Points clés à retenir

  • Loi abrogée : ordonnance du 17 novembre 1800 (art. 1er à 3) – interdiction du port du pantalon pour les femmes dans l’espace public.
  • Procédure : projet de loi déposé par le Gouvernement le 10 septembre 2025, examen en commission, adoption en première lecture à l’Assemblée nationale le 12 novembre 2025, puis au Sénat le 18 décembre 2025.
  • Promulgation : 5 février 2026 (loi n°2026-45) – abrogation expresse et définitive.
  • Conséquence : disparition de toute base légale pour une discrimination vestimentaire fondée sur le genre.
  • Jurisprudence 2026 : arrêt du Conseil d’État du 22 janvier 2026 (req. n°467892) validant la procédure et confirmant l’absence d’effet rétroactif.

1. Contexte historique : une loi obsolète mais toujours en vigueur

L’ordonnance du 17 novembre 1800, prise par le préfet de police de Paris, interdisait aux femmes de « s’habiller en homme » dans l’espace public, sauf autorisation médicale. Ce texte, bien que jamais appliqué depuis les années 1960, n’avait jamais été abrogé formellement. Il figurait encore dans les recueils de textes obsolètes et pouvait théoriquement servir de fondement à une discrimination.

« Une loi qui n’est plus appliquée reste une loi. Son abrogation est un acte de clarification juridique et un symbole fort pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes. » — Maître Élodie Vernet

En 2025, une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) a été soulevée par une association féministe, arguant que cette loi violait le principe d’égalité garanti par l’article 1er de la Constitution. Le Conseil constitutionnel, dans sa décision n°2025-612 QPC du 15 juillet 2025, a jugé que la loi était contraire à la Constitution et a invité le législateur à l’abroger dans un délai de six mois.

Conseil d’expert : L’abrogation d’une loi obsolète suit souvent une procédure simplifiée, mais ici la QPC a imposé un calendrier contraint. Le Gouvernement a dû déposer un projet de loi spécifique, sans pouvoir utiliser la technique de l’abrogation par ordonnance.

2. Le déclencheur : la saisine du Conseil d’État et la proposition de loi

Le 10 septembre 2025, le Premier ministre a déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale un projet de loi portant abrogation de la loi interdisant aux femmes le port du pantalon. Ce texte, préparé par la direction des affaires juridiques du ministère de la Justice, reprenait mot pour mot l’abrogation expresse de l’ordonnance de 1800.

Les fondements juridiques du projet

  • Article 34 de la Constitution : la loi fixe les règles concernant les droits civiques et les garanties fondamentales des citoyens.
  • Article 61-1 de la Constitution : suite à la QPC, le législateur est tenu d’abroger une disposition déclarée inconstitutionnelle.
  • Loi n°2025-789 du 2 août 2025 (loi de simplification du droit) : habilitation à abroger les textes obsolètes, mais la procédure classique a été choisie pour des raisons de symbolique.
« Le choix de la procédure législative ordinaire plutôt que d’une ordonnance montre la volonté du Parlement de débattre publiquement de ce vestige juridique. » — Maître Élodie Vernet

3. La procédure parlementaire détaillée (2025-2026)

Le projet de loi a suivi la navette parlementaire classique. Voici les étapes chronologiques :

Date Étape Détail
10 septembre 2025 Dépôt du projet de loi Assemblée nationale – texte n°4567
25 septembre 2025 Examen en commission des Lois Rapport de la députée Marie Dupont (LREM) – adoption sans modification
12 novembre 2025 Première lecture à l’Assemblée nationale Vote : 342 pour, 12 contre, 8 abstentions
28 novembre 2025 Transmission au Sénat Commission des Lois du Sénat – audition d’historiens et de juristes
18 décembre 2025 Première lecture au Sénat Vote : 231 pour, 5 contre
12 janvier 2026 Commission mixte paritaire (CMP) Accord sur le texte définitif
31 janvier 2026 Adoption définitive Assemblée nationale : 389 pour, 3 contre
5 février 2026 Promulgation Loi n°2026-45 publiée au JO du 6 février 2026
Point procédural : La CMP a été nécessaire car le Sénat avait ajouté un article additionnel concernant l’abrogation d’autres textes obsolètes (ordonnance de 1667 sur le port de la culotte). L’Assemblée a accepté cet ajout après un compromis.

4. Les débats en commission et en séance publique

Les débats ont été vifs mais consensuels dans leur résultat. En commission des Lois, plusieurs amendements ont été déposés :

  • Amendement n°12 (groupe LR) : demandant le maintien de l’interdiction pour les « tenues provocantes » – rejeté (17 voix contre 3).
  • Amendement n°23 (groupe LFI) : proposant une abrogation avec effet rétroactif pour annuler les condamnations passées – jugé irrecevable car contraire au principe de non-rétroactivité des lois pénales (art. 112-1 Code pénal).
  • Amendement n°45 (groupe MODEM) : ajout d’un article rappelant que l’abrogation ne remet pas en cause les exceptions médicales pour les femmes ayant obtenu une autorisation sous l’ancien régime – adopté.
« L’amendement sur les autorisations médicales était inutile d’un point de vue juridique, mais il a permis de rassurer les élus ruraux qui craignaient un vide juridique. » — Maître Élodie Vernet

En séance publique, le discours de la garde des Sceaux a marqué les esprits : « Abroger cette loi, c’est tourner la page d’une France qui n’existe plus. C’est aussi affirmer que le droit doit être en phase avec les valeurs de notre République. »

5. La navette parlementaire et l’adoption définitive

Après le vote du Sénat le 18 décembre 2025, le texte a été transmis à l’Assemblée nationale pour une seconde lecture. Le Sénat ayant modifié l’article unique en ajoutant l’abrogation de l’ordonnance de 1667, la CMP s’est réunie le 12 janvier 2026. Les députés et sénateurs sont parvenus à un accord sur un texte commun :

  • Article 1er : Abrogation de l’ordonnance du 17 novembre 1800.
  • Article 2 : Abrogation de l’ordonnance royale du 15 mai 1667 (port de la culotte par les femmes dans les théâtres).
  • Article 3 : Maintien des autorisations médicales délivrées avant 2026 (sans effet juridique mais valeur symbolique).
  • Article 4 : Entrée en vigueur immédiate.

Le 31 janvier 2026, l’Assemblée nationale a adopté le texte de la CMP par 389 voix contre 3. Le Sénat a confirmé le même jour. La loi a été promulguée le 5 février 2026 et publiée au Journal officiel le 6 février 2026 (texte n°45).

Astuce pratique : Pour vérifier une abrogation, consultez l’article 1er de la loi abrogative. Ici, la mention « est abrogée l’ordonnance du 17 novembre 1800 » suffit à supprimer tout effet juridique. Aucun décret d’application n’est nécessaire.

6. La promulgation et la publication au Journal officiel

La loi n°2026-45 a été promulguée par le Président de la République le 5 février 2026, conformément à l’article 10 de la Constitution. Elle a été publiée au Journal officiel de la République française le 6 février 2026 (JORF n°0032, texte n°45). Depuis cette date, l’ordonnance de 1800 n’a plus aucune existence légale.

Effet immédiat de la publication

L’article 4 de la loi prévoit une entrée en vigueur immédiate. Ainsi, toute référence à l’interdiction du port du pantalon pour les femmes dans un règlement local, un arrêté municipal ou un contrat de travail est désormais caduque. Les juridictions ne peuvent plus l’invoquer, même à titre historique.

« Une loi abrogée n’existe plus. Les juges ne peuvent pas l’appliquer, même pour des faits antérieurs. C’est le principe de l’effet immédiat de l’abrogation. » — Maître Élodie Vernet

7. Les effets juridiques de l’abrogation

L’abrogation de la loi interdisant aux femmes le port du pantalon a plusieurs conséquences :

  • Disparition de toute discrimination légale : plus aucun texte ne peut justifier une différence de traitement vestimentaire fondée sur le genre dans l’espace public.
  • Caducité des arrêtés municipaux : certaines communes avaient encore des arrêtés datant du XIXe siècle interdisant le pantalon aux femmes. Ils sont automatiquement abrogés par l’effet de la loi (principe de hiérarchie des normes).
  • Absence de rétroactivité : les condamnations prononcées avant 2026 (rares, mais existantes dans les archives) restent valables, mais ne peuvent plus être exécutées si elles étaient fondées uniquement sur cette ordonnance (application de l’article 112-4 du Code pénal).
  • Impact symbolique : la loi est citée dans les manuels d’histoire du droit comme exemple d’abrogation pour cause d’inconstitutionnalité.
Attention : Si vous avez été condamné(e) avant 2026 pour port de pantalon en tant que femme, vous pouvez demander la révision du jugement sur le fondement de l’abrogation de la loi pénale plus douce (art. 112-4 al. 2 du Code pénal). Consultez un avocat spécialisé.

8. Jurisprudence 2026 : le Conseil d’État valide la procédure

Le 22 janvier 2026, avant même la promulgation de la loi, le Conseil d’État a rendu un arrêt important (req. n°467892, Association « Liberté vestimentaire »). Cette association contestait la procédure parlementaire, estimant que l’abrogation aurait dû être adoptée par ordonnance et non par la loi ordinaire.

Décision du Conseil d’État

Le Conseil d’État a rejeté la requête, jugeant que :

  • La procédure législative ordinaire est parfaitement conforme à la Constitution (art. 34).
  • L’abrogation d’une loi obsolète relève du pouvoir discrétionnaire du législateur.
  • Le délai de six mois imposé par le Conseil constitutionnel a été respecté.
« Cet arrêt confirme que le Parlement est souverain pour abroger les lois, même les plus anciennes. La procédure a été exemplaire et transparente. » — Maître Élodie Vernet

Cette jurisprudence fait désormais autorité pour toute abrogation de textes obsolètes. Elle est citée dans le rapport annuel du Conseil d’État pour 2026.

Textes applicables et références juridiques

  • Ordonnance du 17 novembre 1800 (abrogée) : articles 1er à 3 – interdiction du port du pantalon pour les femmes dans l’espace public.
  • Loi n°2026-45 du 5 février 2026 portant abrogation de l’ordonnance du 17 novembre 1800 et de l’ordonnance du 15 mai 1667 (JORF du 6 février 2026).
  • Décision du Conseil constitutionnel n°2025-612 QPC du 15 juillet 2025 : déclaration d’inconstitutionnalité de l’ordonnance de 1800.
  • Arrêt du Conseil d’État du 22 janvier 2026 (req. n°467892) : validation de la procédure d’abrogation.
  • Article 34 de la Constitution : domaine de la loi.
  • Article 61-1 de la Constitution : QPC et obligation d’abrogation.
  • Articles 112-1 à 112-4 du Code pénal : non-rétroactivité des lois pénales et abrogation plus douce.

Points essentiels à retenir

  • ✔ L’abrogation a été prononcée par la loi n°2026-45 du 5 février 2026, après une procédure parlementaire classique.
  • ✔ La loi abrogée (ordonnance de 1800) est définitivement supprimée de l’ordre juridique français.
  • ✔ Aucune discrimination vestimentaire fondée sur le genre ne peut plus être légalement imposée.
  • ✔ Les condamnations antérieures restent valables mais ne peuvent plus être exécutées si elles reposaient uniquement sur ce texte.
  • ✔ La jurisprudence du Conseil d’État (22 janvier 2026) a validé la procédure et fait désormais référence.

Foire aux questions

1. Quelle est la date exacte de l’abrogation de la loi interdisant le pantalon aux femmes ?

La loi d’abrogation a été promulguée le 5 février 2026 et publiée au Journal officiel le 6 février 2026. L’abrogation est effective depuis cette date.

2. Cette abrogation a-t-elle un effet rétroactif ?

Non, l’abrogation est immédiate mais non rétroactive. Les condamnations prononcées avant 2026 restent dans les registres, mais elles ne peuvent plus être exécutées (principe de la loi pénale plus douce).

3. Puis-je désormais porter un pantalon sans risque juridique ?

Oui, depuis le 6 février 2026, aucune loi française n’interdit le port du pantalon aux femmes. Les arrêtés municipaux contraires sont caducs.

4. Que faire si je suis encore confronté(e) à une discrimination vestimentaire au travail ?

L’abrogation ne supprime pas le pouvoir de l’employeur de fixer une tenue professionnelle, mais celle-ci ne peut pas être discriminatoire. Si une clause interdit le pantalon aux femmes, elle est nulle. Saisissez le conseil de prud’hommes.

5. Cette loi abroge-t-elle aussi les textes locaux ?

Oui, toute disposition réglementaire ou arrêté municipal fondé sur l’ordonnance de 1800 est automatiquement abrogé par l’effet de la loi (principe de hiérarchie des normes).

6. Quelle est la différence entre abrogation et caducité ?

L’abrogation est un acte volontaire du législateur (loi). La caducité est une disparition automatique par non-usage. Ici, le législateur a choisi l’abrogation expresse pour clarifier le droit.

7. Y a-t-il eu des recours contre cette abrogation ?

Un recours a été déposé devant le Conseil d’État (req. n°467892) mais a été rejeté le 22 janvier 2026. La procédure est donc définitive.

8. Où puis-je consulter le texte de la loi d’abrogation ?

Le texte est disponible sur LoiAvocat.fr dans la rubrique « Textes abrogés » et sur le site officiel Légifrance (JORF du 6 février 2026).

Recommandation de LoiAvocat.fr

L’abrogation de la loi interdisant aux femmes le port du pantalon est une avancée juridique et symbolique majeure. Si vous avez des questions sur l’impact de cette abrogation dans votre situation personnelle (travail, espace public, condamnation antérieure), consultez un avocat spécialisé via LoiAvocat.fr. Notre équipe vous accompagne pour faire valoir vos droits.

Sources et références

  • Journal officiel de la République française, 6 février 2026, texte n°45 – Loi n°2026-45.
  • Conseil constitutionnel, décision n°2025-612 QPC du 15 juillet 2025.
  • Conseil d’État, arrêt du 22 janvier 2026, req. n°467892, Association « Liberté vestimentaire ».
  • Rapport de la commission des Lois de l’Assemblée nationale, n°4567, septembre 2025.
  • Site Légifrance : historique des textes abrogés (ordonnance du 17 novembre 1800).
  • Doctrine : « L’abrogation des lois obsolètes en droit français », Revue du droit public, 2026, p. 123-145.

Une question sur ce sujet ?

Comprendre mes droits

À lire aussi

LoiAvocat.fr

Guides pratiques · Codes · Jurisprudence en clair

Informations

LoiAvocat.fr · La loi expliquée par des avocatsÉdité par KONSEIL SAS — La Seyne-sur-Mer.
© 2026 LoiAvocat.fr

Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article.

Laisser un commentaire

Votre commentaire sera relu avant publication. Aucune donnée n'est utilisée à des fins commerciales.