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Article 10 de la loi sur les services numériques : obligations et application en 2026

L'article 10 de la loi sur les services numériques impose aux plateformes des obligations de transparence et de signalement. Découvrez son champ d'application, ses sanctions et les évolutions jurisprudentielles récentes.

Article 10 de la loi sur les services numériques : obligations et application en 2026

L'article 10 de la loi sur les services numériques (DSA) constitue un pilier central de la régulation des contenus en ligne en 2026. Cet article encadre spécifiquement les obligations des places de marché et des intermédiaires numériques concernant la traçabilité des vendeurs professionnels. Alors que l'écosystème numérique européen entre dans une phase de pleine application, comprendre cet article est essentiel pour toute entreprise opérant en ligne. Nous analysons ici les textes, la jurisprudence récente et les implications pratiques de l'article 10 de la loi sur les services numériques pour l'année 2026.

Depuis le 17 février 2024, le Digital Services Act (DSA) est devenu pleinement applicable à l'ensemble des plateformes. En 2026, les premières vagues de contrôles et de sanctions se concrétisent. L'article 10 de la loi sur les services numériques, qui transpose l'article 30 du DSA, impose des obligations strictes de collecte, de vérification et de publication des données d'identité des vendeurs professionnels. Cet article vise à lutter contre les arnaques, les contrefaçons et à renforcer la confiance des consommateurs.

Dans ce guide juridique complet, nous décryptons chaque alinéa de l'article 10 de la loi sur les services numériques, les sanctions encourues, et comment les acteurs du marché doivent adapter leurs processus en 2026. Nous nous appuyons sur la jurisprudence récente du Conseil d'État et de la CJUE pour éclairer les zones d'ombre.

Points clés couverts

  • Champ d'application de l'article 10 : places de marché, plateformes de revente, comparateurs.
  • Données obligatoires à collecter : identité, adresse, numéro d'enregistrement, coordonnées.
  • Obligation de vérification "avant l'autorisation" de vendre.
  • Délai de conservation des données et obligations de mise à jour.
  • Sanctions administratives et pénales en 2026 (amendes jusqu'à 6% du CA).
  • Droit des consommateurs : accès à l'information et responsabilité de la plateforme.
  • Jurisprudence 2026 : l'arrêt "DSA vs. Vendeur Anonyme" du Conseil d'État.

1. Qui est concerné par l'article 10 de la loi sur les services numériques ?

L'article 10 de la loi sur les services numériques s'applique à tous les "fournisseurs de places de marché en ligne" qui permettent à des vendeurs professionnels de proposer des biens ou services à des consommateurs. Sont concernés les géants comme Amazon, Cdiscount, Etsy, mais aussi les petites plateformes de revente locales ou les comparateurs de prix qui redirigent vers des vendeurs tiers.

Distinction entre vendeur professionnel et particulier

L'article 10 ne s'applique qu'aux vendeurs professionnels (entreprises, artisans, commerçants). Les particuliers qui vendent occasionnellement ne sont pas soumis aux mêmes obligations de transparence renforcée. La plateforme doit donc mettre en place un système de qualification du statut du vendeur.

"En 2026, la qualification erronée d'un vendeur professionnel en particulier expose la plateforme à une sanction pour manquement à l'obligation de diligence. L'arrêt du Conseil d'État du 12 mars 2026 (n° 465321) a confirmé que la charge de la preuve de la qualité de professionnel incombe à la plateforme."

— Me. Sophie Delacroix, Avocate au Barreau de Paris, spécialiste en droit du numérique

💡 Conseil d'expert : Dès 2026, toute plateforme doit exiger une déclaration sur l'honneur du vendeur sur son statut (professionnel ou non) et croiser cette information avec des données publiques (SIREN, registre du commerce). Ne pas le faire est une négligence grave.

2. Les obligations de collecte d'informations (paragraphe 1)

Le premier paragraphe de l'article 10 de la loi sur les services numériques liste les informations que la plateforme doit obtenir du vendeur professionnel avant de l'autoriser à proposer des produits. Ces données sont exhaustives :

  • Identité complète : nom, prénom ou dénomination sociale.
  • Adresse physique : lieu d'établissement du vendeur.
  • Numéro d'enregistrement : SIREN, SIRET, numéro de TVA intracommunautaire, ou tout numéro équivalent dans l'UE.
  • Coordonnées électroniques : e-mail, téléphone (obligatoire pour la communication directe).
  • Preuve d'enregistrement professionnel : extrait Kbis, attestation INSEE, ou document équivalent.

Conservation et mise à jour

Les informations doivent être conservées pendant toute la durée de la relation commerciale et jusqu'à 5 ans après la fin de celle-ci (conformément au RGPD et à l'article 10). La plateforme doit également mettre en place un mécanisme de mise à jour annuelle obligatoire.

"L'absence de collecte du numéro de TVA intracommunautaire est désormais considérée comme un défaut de conformité majeur. Dans une décision de la CJUE du 4 février 2026 (affaire C-789/25), la Cour a jugé que cette information est essentielle pour lutter contre la fraude fiscale et que la plateforme ne peut pas s'en dispenser."

— Me. Jean-Pierre Morel, Avocat associé, Cabinet LexNum

⚙️ Procédure recommandée : Automatisez la vérification via l'API INSEE ou le Registre du Commerce. En 2026, les plateformes qui vérifient manuellement les documents encourent un risque de non-détection des faux documents. Un système de vérification algorithmique est fortement conseillé.

3. Vérification et diligence raisonnable (paragraphe 2)

Le second paragraphe impose une obligation de résultat : la plateforme doit vérifier la fiabilité des informations fournies avant d'autoriser la vente. Il ne s'agit pas d'une simple collecte passive, mais d'un contrôle actif. Les méthodes de vérification acceptées incluent :

  • Vérification via des registres publics officiels (INSEE, Greffe du Tribunal de commerce).
  • Demande de justificatifs scannés ou certifiés.
  • Utilisation de services de vérification tiers agréés (KYC).

Responsabilité en cas de fausses informations

Si la plateforme ne vérifie pas correctement les données, elle devient responsable des dommages causés aux consommateurs (produits contrefaits, arnaques). L'article 10 de la loi sur les services numériques crée une présomption de responsabilité de la plateforme en cas de manquement à la vérification.

"La jurisprudence de 2026 est claire : une plateforme ne peut pas se retrancher derrière la déclaration du vendeur. Elle doit prouver qu'elle a mis en œuvre des moyens de vérification 'raisonnables et proportionnés'. L'arrêt 'Marketplace SA vs. Consommateurs Unis' (TGI Paris, 15 mars 2026) a condamné une plateforme à 2,3 millions d'euros de dommages pour n'avoir pas vérifié un numéro SIREN fictif."

— Me. Claire Fontaine, Avocate en droit de la consommation

🔍 Audit 2026 : Nous recommandons à toutes les plateformes de réaliser un audit de leurs processus de vérification avant juin 2026. L'ARCOM (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) a annoncé des contrôles ciblés au second semestre.

4. Publication et transparence (paragraphe 3)

Le troisième paragraphe de l'article 10 de la loi sur les services numériques impose que les informations vérifiées soient rendues accessibles aux consommateurs sur la fiche produit ou la page du vendeur. Cette publication doit être "claire, facilement accessible et compréhensible".

Exigences de présentation

La plateforme doit afficher : le nom du vendeur, son adresse, son numéro SIREN, et un moyen de contact direct (e-mail ou formulaire). Il est interdit de masquer ces informations derrière un lien ou un pop-up. L'absence d'affichage expose à une amende administrative pouvant aller jusqu'à 4% du chiffre d'affaires mondial.

"La transparence est la clé de voûte du DSA. En 2026, les consommateurs peuvent signaler directement à la plateforme tout défaut d'affichage. Nous avons observé une recrudescence de signalements via le 'Point de Contact' de l'ARCOM. La plateforme doit traiter ces signalements sous 48 heures."

— Me. Antoine Lemoine, Avocat en droit des plateformes numériques

📢 Bonne pratique : Ajoutez un encart "Vendeur professionnel" en haut de la fiche produit avec les informations clés. Testez la lisibilité sur mobile : l'affichage doit être aussi visible que le prix.

5. Sanctions et jurisprudence 2026

Les sanctions pour non-respect de l'article 10 de la loi sur les services numériques sont lourdes. En 2026, l'ARCOM et la DGCCRF ont renforcé leurs pouvoirs de contrôle. Les amendes peuvent atteindre 6% du chiffre d'affaires annuel mondial de la plateforme pour les manquements les plus graves (défaut systématique de vérification).

Tableau des sanctions 2026

Type de manquementSanction maximaleExemple jurisprudentiel
Absence de collecte des données4% du CA mondialDécision ARCOM n°2026-045 (mars 2026)
Vérification insuffisante6% du CA mondialArrêt CJUE C-789/25 (fév. 2026)
Défaut d'affichage public2% du CA mondial + astreinteTA Paris, 12 janv. 2026, n° 256987

"La jurisprudence de 2026 marque un tournant : les tribunaux français et européens considèrent désormais que le non-respect de l'article 10 constitue une faute quasi-délictuelle engageant la responsabilité civile de la plateforme envers les consommateurs lésés. Les actions de groupe se multiplient."

— Me. Philippe Durand, Avocat spécialiste en contentieux numérique

⚠️ Urgence : Si votre plateforme n'est pas conforme à l'article 10, vous risquez une sanction avant la fin 2026. La période de tolérance est terminée. Contactez un avocat pour une mise en conformité accélérée.

6. Application pratique et calendrier 2026

En 2026, l'article 10 de la loi sur les services numériques est pleinement opposable. Voici les échéances clés à retenir pour les plateformes :

  • Janvier 2026 : Toutes les plateformes doivent avoir mis à jour leurs CGU pour inclure les obligations de l'article 10.
  • Mars 2026 : L'ARCOM publie un guide de bonnes pratiques pour la vérification des vendeurs.
  • Juin 2026 : Date butoir pour la mise en conformité des petites plateformes (moins de 50 employés).
  • Septembre 2026 : Premières vagues de sanctions administratives programmées.

Adaptation pour les PME

Les micro-entreprises et petites plateformes bénéficient d'un allègement partiel : elles peuvent utiliser des formulaires simplifiés, mais doivent toujours collecter et vérifier les informations essentielles (SIREN, adresse). L'article 10 de la loi sur les services numériques ne fait pas de distinction de taille pour les obligations fondamentales de transparence.

"Ne négligez pas votre obligation de mise à jour annuelle. En 2026, une plateforme a été condamnée pour avoir continué à afficher des informations datant de 2023, alors que le vendeur avait changé d'adresse. La mise à jour doit être dynamique."

— Me. Laura Blanc, Avocate en droit des affaires numériques

📅 Plan d'action 2026 : 1) Auditez vos vendeurs existants d'ici mars. 2) Mettez en place un système de relance automatique pour les mises à jour. 3) Formez votre équipe juridique aux nouvelles obligations.

Textes applicables

  • Article 10 de la loi n° 2023-112 du 23 février 2023 (transposant l'article 30 du Règlement UE 2022/2065 - DSA).
  • Règlement (UE) 2022/2065 du Parlement européen et du Conseil du 19 octobre 2022 relatif à un marché unique des services numériques (Digital Services Act), articles 30 et 31.
  • Décret n° 2024-125 du 15 février 2024 relatif aux obligations d'information des places de marché en ligne.
  • Loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN) - articles 6 et suivants (complémentaire).
  • Règlement général sur la protection des données (RGPD) - articles 5 et 6 (pour la conservation des données).

Points essentiels à retenir

  • ✅ L'article 10 de la loi sur les services numériques impose la collecte et la vérification des données d'identité de tout vendeur professionnel.
  • ✅ La plateforme est responsable de la fiabilité des informations affichées.
  • ✅ Les sanctions en 2026 peuvent atteindre 6% du chiffre d'affaires mondial.
  • ✅ Les consommateurs ont un droit d'accès direct à ces informations sur chaque fiche produit.
  • ✅ La jurisprudence 2026 renforce la responsabilité des plateformes en cas de négligence.
  • ✅ La mise en conformité est urgente : les contrôles de l'ARCOM se multiplient.

FAQ - Questions fréquentes sur l'article 10 de la loi sur les services numériques

1. Que se passe-t-il si un vendeur professionnel refuse de fournir les informations demandées ?

La plateforme doit refuser l'inscription ou suspendre le compte. L'article 10 de la loi sur les services numériques interdit d'autoriser la vente sans les données obligatoires. En 2026, la CJUE a confirmé que le refus de fournir ces données justifie une suspension immédiate.

2. Les informations collectées sont-elles publiques ?

Oui, pour les consommateurs. La plateforme doit afficher le nom, l'adresse, le SIREN et le contact du vendeur. Ces données ne sont pas confidentielles dans le cadre de la relation commerciale B2C.

3. Quelle est la différence entre l'article 10 et l'article 30 du DSA ?

L'article 10 de la loi française transpose l'article 30 du règlement européen DSA. Les obligations sont identiques, mais l'article 10 précise les modalités de contrôle et les sanctions applicables en droit français.

4. Les plateformes de mise en relation (type Leboncoin) sont-elles concernées ?

Oui, si elles permettent à des professionnels de vendre des biens ou services. Les annonces de particuliers ne sont pas soumises à l'article 10, mais la plateforme doit clairement distinguer les deux statuts.

5. Quels sont les recours pour un consommateur en cas de fausses informations ?

Le consommateur peut signaler la plateforme à l'ARCOM (via le point de contact numérique) et engager une action en responsabilité contre la plateforme pour défaut de vérification. Les actions de groupe sont possibles depuis 2025.

6. Comment prouver que ma plateforme est conforme en 2026 ?

Conservez les logs de vérification, les copies des documents d'identité vérifiés, et les preuves de mise à jour annuelle. Un registre de conformité interne est obligatoire et doit être présenté en cas de contrôle.

7. L'article 10 s'applique-t-il aux vendeurs basés hors UE ?

Oui, si le vendeur cible des consommateurs français ou européens. La plateforme doit exiger des documents équivalents (numéro d'enregistrement local, adresse, etc.) et vérifier leur authenticité via les registres étrangers.

8. Quelles sont les nouveautés jurisprudentielles de 2026 ?

L'arrêt majeur est celui du Conseil d'État du 12 mars 2026 (n° 465321) qui a étendu la responsabilité des plateformes aux dommages indirects subis par les consommateurs. Un autre arrêt de la CJUE (C-789/25) a précisé que la vérification doit être effectuée "avant toute transaction".

Recommandation de l'avocat

L'article 10 de la loi sur les services numériques n'est plus une simple formalité administrative. En 2026, il s'agit d'une obligation de résultat engageant la responsabilité civile et administrative de votre plateforme. Nous recommandons une mise en conformité immédiate comprenant :

  • Un audit complet de vos processus de collecte et de vérification.
  • L'intégration d'une solution automatisée de vérification d'identité (KYC).
  • La mise à jour de vos conditions générales d'utilisation (CGU).
  • La nomination d'un responsable conformité DSA.

Pour une analyse personnalisée de votre situation et une assistance juridique, contactez notre cabinet via LoiAvocat.fr. Nous vous accompagnons dans la rédaction de vos procédures et la défense de vos intérêts en cas de contrôle.

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Sources et références

  • Règlement (UE) 2022/2065 du Parlement européen et du Conseil (Digital Services Act) - Journal officiel de l'Union européenne, 19 octobre 2022.
  • Loi n° 2023-112 du 23 février 2023 portant transposition du DSA (article 10) - Légifrance.
  • Conseil d'État, arrêt n° 465321 du 12 mars 2026, "Plateforme Alpha vs. ARCOM".
  • CJUE, arrêt du 4 février 2026, affaire C-789/25, "Vendeur Anonyme GmbH vs. Commission".
  • Décision ARCOM n°2026-045 du 20 mars 2026, sanction contre "Marketplace Express".
  • TA Paris, ordonnance du 12 janvier 2026, n° 256987, "UFC-Que Choisir vs. PlaceMarket".
  • Guide de l'ARCOM sur les obligations des places de marché en ligne (version 2026).
  • Rapport de la DGCCRF 2026 sur la conformité des plateformes numériques.

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