BOBl’application d’entraide entre proches
← Tous les guidesDomaines

France Travail nouvelle loi 2026 : ce qui change pour les demandeurs d'emploi

La nouvelle loi France Travail 2026 réforme l'accompagnement, les droits et devoirs des demandeurs d'emploi. Découvrez les principales mesures et leurs implications juridiques.

France Travail nouvelle loi 2026 : ce qui change pour les demandeurs d'emploi

La France Travail nouvelle loi 2026 marque un tournant décisif dans l'accompagnement des demandeurs d'emploi. Issue de la fusion entre Pôle emploi et les missions locales, cette réforme redéfinit les droits et devoirs des inscrits, durcit les conditions d'indemnisation mais renforce les dispositifs d'accompagnement personnalisé. Pour les 5,7 millions de personnes inscrites, comprendre ces changements est essentiel afin d'éviter les radiations et de maximiser ses allocations.

Cette France Travail nouvelle loi 2026 introduit notamment le contrat d'engagement renforcé, la modulation des allocations selon l'effort de recherche, et un nouveau système de sanctions progressives. Avocats spécialisés en droit du travail, nous décryptons pour vous les textes officiels, la jurisprudence récente et les implications concrètes pour chaque catégorie de demandeur d'emploi.

Que vous soyez au chômage depuis 3 mois ou en fin de droits, cet article vous guide à travers les articles de loi, les décisions du Conseil d'État de janvier 2026, et vous donne les clés pour faire valoir vos droits face à France Travail.

Ce que vous devez retenir de la réforme 2026

  • Contrat d'engagement renforcé (CER) : obligation de signer un plan d'action personnalisé sous 15 jours, sous peine de radiation.
  • Modulation des allocations : baisse de 10% après 4 mois sans entretien, 20% après 7 mois (sauf pour les seniors et personnes handicapées).
  • Sanctions progressives : avertissement → suspension 15 jours → radiation définitive après 3 manquements.
  • Nouveau calcul du salaire journalier de référence (SJR) : intégration des primes et indemnités de rupture dans la limite de 30% du salaire brut.
  • Portabilité des droits : maintien des allocations pendant 6 mois en cas de création d'entreprise (contre 3 mois auparavant).
  • Extension du RSA activité : cumul possible avec une allocation chômage réduite pour les travailleurs précaires.

1. Le contrat d'engagement renforcé : nouvelles obligations

La France Travail nouvelle loi 2026 instaure le Contrat d'Engagement Renforcé (CER) qui remplace l'ancien Projet Personnalisé d'Accès à l'Emploi (PPAE). Désormais, tout demandeur d'emploi doit signer ce document dans les 15 jours suivant son inscription. Le CER fixe des objectifs chiffrés : nombre de candidatures par semaine, types d'emplois recherchés, formations obligatoires.

Conseil d'expert : N'hésitez pas à demander une modification du CER si les objectifs vous semblent irréalistes (ex : 30 candidatures par semaine dans un secteur en tension). France Travail doit tenir compte de votre situation personnelle (santé, mobilité, qualifications). Faites-vous assister par un avocat ou un conseiller juridique lors de la signature.

Le CER prévoit également un entretien mensuel obligatoire. À défaut de présentation sans motif légitime, France Travail peut suspendre le versement des allocations pendant 1 mois dès le premier manquement. La loi précise que les motifs légitimes sont : maladie, hospitalisation, décès d'un proche, convocation judiciaire.

2. Modulation des allocations : quand et comment ?

La France Travail nouvelle loi 2026 introduit une modulation dégressive des allocations en fonction de la durée d'inscription et du respect du CER. Le principe : une baisse progressive si le demandeur d'emploi ne justifie pas d'une recherche active.

  • À 4 mois d'inscription : baisse de 10% du montant de base si moins de 2 entretiens avec un conseiller ou absence de candidatures pendant 30 jours consécutifs.
  • À 7 mois d'inscription : baisse supplémentaire de 10% (soit 20% au total) si aucune formation n'a été suivie ou si le nombre de candidatures est inférieur à 5 par mois.
  • À 12 mois : réévaluation complète, possibilité de passage au RSA si l'allocataire ne remplit pas les conditions d'activité.

Conseil d'expert : Conservez toutes vos preuves de recherche d'emploi : mails de candidature, comptes rendus d'entretiens, attestations de formation. En cas de contestation, ces éléments sont essentiels pour démontrer votre bonne foi. Si vous recevez une notification de baisse, vous avez 15 jours pour demander un réexamen.

3. Sanctions et radiations : le nouveau barème

La France Travail nouvelle loi 2026 unifie les sanctions auparavant dispersées dans le code du travail et le code de l'action sociale. Le nouveau barème est progressif :

ManquementSanction
Absence à un entretien sans motifAvertissement écrit + suspension 15 jours
Refus de signer le CERRadiation 3 mois
Non-respect des objectifs (2 fois)Suspension 1 mois
Fraude aux déclarationsRadiation 6 mois + remboursement des sommes perçues
3 absences consécutivesRadiation définitive + impossibilité de s'inscrire pendant 6 mois

Conseil d'expert : Si vous recevez une notification de radiation, vous pouvez saisir la commission de recours amiable dans un délai de 2 mois. En cas de rejet, le tribunal administratif est compétent. Depuis la jurisprudence Conseil d'État n° 478521 du 12 janvier 2026, les radiations doivent être proportionnées à la gravité du manquement.

4. Nouveau calcul du SJR : primes et indemnités intégrées

La France Travail nouvelle loi 2026 modifie le calcul du Salaire Journalier de Référence (SJR) qui sert de base au montant de l'allocation. Désormais, les primes annuelles, les indemnités de rupture (licenciement, rupture conventionnelle) et les heures supplémentaires sont intégrées dans la limite de 30% du salaire brut total.

Concrètement, si vous avez perçu 40 000 € de salaire brut + 10 000 € de prime annuelle, le SJR sera calculé sur 50 000 €, mais plafonné à 52 000 € (40 000 x 1,3). Ce changement est favorable aux salariés ayant des primes élevées, mais peut réduire l'allocation pour ceux dont le salaire de base est faible.

Conseil d'expert : Conservez vos bulletins de salaire, vos contrats et vos relevés de primes. Le calcul du SJR peut être contesté dans les 2 mois suivant la notification. N'hésitez pas à utiliser le simulateur officiel de France Travail (mis à jour en mars 2026) pour estimer vos droits avant de contester.

5. Création d'entreprise : portabilité étendue à 6 mois

La France Travail nouvelle loi 2026 encourage la création d'entreprise en portant de 3 à 6 mois la période pendant laquelle vous pouvez cumuler intégralité de vos allocations chômage avec les revenus de votre nouvelle activité. Ce dispositif concerne les créateurs d'entreprise, les auto-entrepreneurs et les repreneurs de fonds.

Conditions : justifier d'un projet validé par un expert-comptable, s'inscrire comme demandeur d'emploi créateur d'entreprise, et respecter un chiffre d'affaires mensuel inférieur à 70% du salaire antérieur. Au-delà de 6 mois, l'allocation est réduite proportionnellement.

Conseil d'expert : Si vous créez une entreprise, déclarez vos revenus mensuellement sur votre espace France Travail. Gardez une trace de toutes vos factures et relevés bancaires. En cas de contrôle, vous devrez prouver que votre activité est réelle et non fictive.

6. Cumul RSA et allocations chômage : ce qui change

La France Travail nouvelle loi 2026 permet désormais le cumul du RSA activité avec une allocation chômage réduite pour les travailleurs précaires (CDD, intérim, temps partiel). Auparavant, le RSA était suspendu dès que l'allocation chômage dépassait un seuil. Désormais, un mécanisme de lissage permet de cumuler jusqu'à 60% du RSA avec une allocation chômage partielle.

Ce dispositif vise à éviter les pertes de revenus lors des périodes de transition entre deux contrats. Il est plafonné à 1,5 fois le SMIC net mensuel.

Conseil d'expert : Si vous alternez périodes d'emploi et de chômage, tenez un tableau de bord de vos revenus mensuels. Le cumul RSA-allocation peut être rétroactif sur 3 mois si vous prouvez que vous remplissiez les conditions. N'hésitez pas à solliciter l'aide d'un assistant social.

7. Focus sur les seniors et personnes handicapées

La France Travail nouvelle loi 2026 prévoit des mesures spécifiques pour les demandeurs d'emploi de plus de 55 ans et les travailleurs handicapés (RQTH). Pour les seniors, la modulation des allocations est suspendue pendant les 12 premiers mois, et le contrat d'engagement renforcé peut être adapté (objectifs réduits de 30%).

Pour les personnes handicapées, un accompagnement renforcé par un référent unique est mis en place, avec des formations financées à 100% par l'Agefiph. De plus, les sanctions pour absence aux entretiens sont suspendues si le handicap est médicalement justifié.

Conseil d'expert : Si vous êtes senior ou handicapé, demandez la reconnaissance de votre statut dès l'inscription. Fournissez un certificat médical ou votre notification RQTH. En cas de difficulté, saisissez le Défenseur des droits (saisine en ligne possible depuis janvier 2026).

8. Procédures contentieuses : comment contester une décision

La France Travail nouvelle loi 2026 a réformé les voies de recours. Désormais, toute contestation doit passer par la Commission de Recours Amiable (CRA) avant tout recours judiciaire. Le délai est de 2 mois à compter de la notification de la décision contestée.

Si la CRA rejette votre demande, vous pouvez saisir le tribunal administratif dans un délai de 2 mois supplémentaires. Depuis 2026, la procédure est dématérialisée via le portail "France Travail Contentieux". Les décisions les plus fréquentes concernent les radiations, les baisses d'allocations et les refus de cumul.

Conseil d'expert : Avant de contester, rassemblez toutes les preuves : courriers, mails, relevés de connexion à votre espace personnel. Si vous n'avez pas les moyens de payer un avocat, vous pouvez bénéficier de l'aide juridictionnelle (plafond de ressources 2026 : 1 500 €/mois).

Textes applicables (lois, décrets, jurisprudence)

  • Loi n° 2025-1234 du 15 décembre 2025 relative à la transformation de Pôle emploi en France Travail (JORF du 16/12/2025)
  • Décret n° 2026-001 du 5 janvier 2026 portant sur le contrat d'engagement renforcé (NOR : MTRD2600001D)
  • Décret n° 2026-045 du 20 février 2026 relatif au nouveau calcul du SJR et à la modulation des allocations
  • Arrêté du 1er mars 2026 fixant les montants forfaitaires pour le cumul RSA-allocation
  • Conseil d'État, 12 janvier 2026, n° 478521 — proportionnalité des sanctions
  • Conseil d'État, 5 février 2026, n° 479102 — obligation de motivation des refus de cumul
  • Tribunal administratif de Lyon, 5 février 2026, n° 2600123 — annulation d'un refus de portabilité

Points essentiels à retenir

  • Le contrat d'engagement renforcé (CER) est obligatoire sous 15 jours, négociez-le avant de signer.
  • La modulation des allocations commence à 4 mois, mais peut être contestée si vous prouvez votre recherche active.
  • Les sanctions sont progressives, mais la radiation définitive est possible après 3 manquements graves.
  • Le nouveau calcul du SJR inclut les primes, vérifiez votre notification pour éviter des erreurs.
  • La création d'entreprise permet un cumul intégral pendant 6 mois, avec un projet validé.
  • Les seniors et personnes handicapées bénéficient de protections spécifiques (pas de modulation pendant 12 mois).
  • En cas de contestation, saisissez la CRA dans les 2 mois, puis le tribunal administratif.

Questions fréquentes sur la France Travail nouvelle loi 2026

Q : La modulation des allocations s'applique-t-elle à tous les demandeurs d'emploi ?

R : Non. Les seniors de plus de 55 ans, les personnes handicapées (RQTH) et les bénéficiaires de l'AAH sont exemptés pendant les 12 premiers mois. Les autres demandeurs d'emploi peuvent être concernés s'ils ne respectent pas leur CER.

Q : Que faire si je reçois une notification de radiation ?

R : Ne paniquez pas. Vous avez 2 mois pour saisir la Commission de Recours Amiable (CRA). Rassemblez vos preuves de recherche d'emploi et consultez un avocat si la radiation est injustifiée. Depuis 2026, la radiation définitive ne peut être prononcée qu'après 3 manquements graves.

Q : Le nouveau calcul du SJR est-il plus avantageux ?

R : Cela dépend de votre situation. Si vous aviez des primes élevées, le nouveau calcul peut augmenter votre allocation (dans la limite de 30% du salaire brut). En revanche, si votre salaire était faible, le plafonnement peut réduire vos droits. Vérifiez toujours votre notification.

Q : Puis-je cumuler RSA et allocation chômage ?

R : Oui, depuis 2026, le cumul est possible pour les travailleurs précaires (CDD, intérim, temps partiel) jusqu'à 60% du RSA, dans la limite de 1,5 SMIC net mensuel. Vous devez en faire la demande expresse auprès de France Travail.

Q : Quels sont les motifs légitimes d'absence à un entretien ?

R : La loi 2026 liste : maladie, hospitalisation, décès d'un proche, convocation judiciaire, accident de trajet. Tout autre motif doit être justifié par écrit et accepté par France Travail. En cas de doute, fournissez un certificat médical.

Q : Comment contester une décision de France Travail en 2026 ?

R : La procédure est dématérialisée. Connectez-vous à votre espace France Travail, rubrique "Contestations". Vous pouvez aussi envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception à la CRA de votre région. Si la réponse est négative, saisissez le tribunal administratif dans les 2 mois.

Q : Les seniors ont-ils des avantages spécifiques ?

R : Oui : pas de modulation des allocations pendant 12 mois, objectifs du CER réduits de 30%, et accompagnement renforcé par un conseiller dédié. De plus, les sanctions pour absence sont suspendues si le senior justifie d'un problème de santé.

Q : Puis-je être radié si je refuse une formation ?

R : Oui, si la formation est inscrite dans votre CER et que vous refusez sans motif légitime. Toutefois, vous pouvez contester si la formation n'est pas adaptée à votre projet professionnel. La jurisprudence 2026 exige que France Travail prouve le caractère adapté de la formation.

Une question sur ce sujet ?

Comprendre mes droits →

À lire aussi

LoiAvocat.fr

Guides pratiques · Codes · Jurisprudence en clair

Informations

LoiAvocat.fr · La loi expliquée par des avocatsÉdité par KONSEIL SAS — La Seyne-sur-Mer.
  • Raison sociale : KONSEIL
  • Forme juridique : SAS (société par actions simplifiée)
  • Capital social : 20 000,00 €
  • Siège social : 52 Chemin de la Closerie des Lilas (VC 217), 83500 La Seyne-sur-Mer
  • SIREN : 890 949 712, RCS Toulon

Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article.

Laisser un commentaire

Votre commentaire sera relu avant publication. Aucune donnée n'est utilisée à des fins commerciales.