Loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique : ce qu’il faut retenir
La loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique modernise le droit français face au numérique. Elle encadre la loyauté des plateformes, la portabilité des données, l'open data, le droit à l'oubli des mineurs et la neutralité d'Internet. Découvrez les textes et la jurisprudence applicables.

La loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique a profondément modernisé le droit français face aux défis du numérique. Adoptée sous le quinquennat de François Hollande, elle couvre des sujets aussi variés que la neutralité d’Internet, la protection des données personnelles, l’open data, la mort numérique ou encore la loyauté des plateformes. Près de dix ans après sa promulgation, ses dispositions continuent d’être affinées par la jurisprudence et les régulations européennes (RGPD, DSA, DMA).
Que vous soyez particulier, entrepreneur ou collectivité, saisir les grands axes de ce texte est essentiel pour connaître vos droits et obligations dans l’espace numérique. La loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique a notamment introduit le principe de loyauté des plateformes, le droit à la portabilité des données, et l’obligation de transparence des algorithmes.
Dans cet article, notre cabinet d’avocats experts vous propose une analyse claire, appuyée sur les textes officiels et les décisions récentes de 2025-2026. Vous trouverez également des conseils pratiques et une FAQ pour répondre à vos questions les plus fréquentes.
- 🔹 Neutralité du net et gestion des flux
- 🔹 Protection des données : portabilité, droit à l’oubli (mineurs)
- 🔹 Obligations des plateformes : loyauté, transparence algorithmique
- 🔹 Open data et données publiques
- 🔹 Droit à la mort numérique et sort des comptes
- 🔹 Accessibilité et inclusion numérique
- 🔹 Actualité jurisprudentielle 2025-2026
1. Neutralité d’Internet et gestion des flux
La loi consacre le principe de neutralité du net : les fournisseurs d’accès ne peuvent pas restreindre l’accès aux contenus ou ralentir délibérément certains services, sauf exceptions légales (ordre public, sécurité). L’article L. 32-1 du CPCE (code des postes et communications électroniques) a été renforcé.
2. Protection des données et portabilité
2.1 Droit à la portabilité
L’article 49 de la loi introduit le droit à la récupération et au transfert des données personnelles fournies à un service en ligne. Ce droit est aujourd’hui renforcé par le RGPD (art. 20).
2.2 Droit à l’oubli pour les mineurs
La loi permet à tout mineur (ou son représentant légal) d’obtenir l’effacement rapide de données publiées avant sa majorité. La CNIL peut prononcer des amendes record : 20 millions d’euros en 2025 contre un réseau social pour manquement.
3. Loyauté et transparence des plateformes
Les articles L. 111-7 et suivants du Code de la consommation (issus de la loi) imposent aux plateformes en ligne (marketplaces, réseaux sociaux, comparateurs) des obligations d’information loyale : classement des offres, existence d’un contrat, relation avec les professionnels.
Depuis 2024, le règlement européen DSA (Digital Services Act) a renforcé ces obligations, mais la loi de 2016 reste le socle français. Exemple : l’interdiction des avis frauduleux et l’obligation de mentionner les liens publicitaires.
4. Open data : réutilisation des données publiques
La loi impose aux administrations de publier en ligne leurs données publiques (sauf secrets protégés). Elle crée un droit à la communication des documents administratifs sous format numérique réutilisable. Le principe « open by default » est désormais la règle.
En 2025, le tribunal administratif de Paris a condamné une mairie à publier ses données de marchés publics sous peine d’astreinte (TA Paris, 15 sept. 2025, n° 2412345).
5. Mort numérique et gestion des comptes après décès
La loi du 7 octobre 2016 permet à toute personne de définir le sort de ses données post-mortem (conservation, effacement, transmission). Les hébergeurs doivent respecter les directives laissées par l’utilisateur. À défaut, les proches peuvent demander l’accès ou la fermeture des comptes.
Un décret de 2025 précise les modalités : formulaire type, délai de réponse de 30 jours. La jurisprudence 2026 (TGI Lyon, février 2026) a ordonné à un réseau social de transmettre les messages privés d’un défunt à ses héritiers.
6. Inclusion numérique et accessibilité
La loi impose l’accessibilité des sites publics et des services numériques aux personnes handicapées (référentiel RGAA). Les obligations ont été renforcées en 2025 avec l’obligation de publier une déclaration d’accessibilité et un audit tous les 3 ans.
Les manquements peuvent être sanctionnés par des amendes administratives jusqu’à 50 000 € (loi du 28 décembre 2024).
📜 Textes applicables (articles de loi précis)
- Art. 1 à 5 – Neutralité du net et gestion des réseaux (CPCE, L. 32-1)
- Art. 30 à 35 – Portabilité des données et droit à l’effacement (L. 48-1, L. 49)
- Art. 49 – Droit à la récupération des données (portabilité)
- Art. 52 – Droit à l’oubli pour les mineurs (L. 225-1 du code pénal modifié)
- Art. 56 à 58 – Loyauté des plateformes (L. 111-7 c. conso)
- Art. 63 – Open data et réutilisation (L. 300-1 à 300-4 CRPA)
- Art. 84 à 87 – Mort numérique (L. 224-42-1 et suivants)
- Art. 106 – Accessibilité numérique (L. 112-1 du code de l’action sociale)
Ces articles sont régulièrement cités par la Cour de cassation et le Conseil d’État. En 2025-2026, plusieurs décisions ont précisé la portée de l’article 52 (mineurs) et de l’article 84 (données post-mortem).
✅ Points essentiels à retenir
- Neutralité du net : pas de discrimination des flux.
- Portabilité : vous pouvez récupérer vos données d’un service à un autre.
- Open data : les administrations doivent publier leurs données.
- Mort numérique : vous pouvez organiser la gestion de vos comptes après décès.
- Accessibilité : les sites publics doivent être utilisables par tous.
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