La Loi Lemoine questionnaire de santé a profondément modifié le paysage de l’assurance emprunteur en France. Depuis son entrée en vigueur progressive, elle suscite de nombreuses interrogations pratiques, notamment sur la suppression du questionnaire de santé et son application concrète en 2026. Cet article, rédigé par un avocat expert en droit des assurances, vous éclaire sur les textes, la jurisprudence récente et les pièges à éviter.
Le principe est désormais bien connu : pour les prêts immobiliers inférieurs à un certain montant, l’assureur ne peut plus vous imposer de remplir un questionnaire de santé. Mais qu’en est-il des délais, des exclusions, et des recours en cas de contestation ? En 2026, plusieurs décisions de justice sont venues préciser les contours de cette suppression du questionnaire de santé, renforçant la protection des emprunteurs tout en maintenant des exceptions légitimes.
Nous analysons ici l’état actuel du droit, les textes applicables, les décisions de jurisprudence de 2026, et vous offrons une recommandation pratique pour sécuriser votre contrat. Que vous soyez emprunteur, courtier ou conseiller juridique, ce guide complet vous permettra de comprendre la loi qui s’applique à votre situation.
🔑 Points couverts dans cet article
- Suppression du questionnaire de santé : conditions et plafonds (montant, âge, durée)
- Délai de carence et application en 2026 : ce qui change vraiment
- Exemptions et exceptions : quand l’assureur peut encore poser des questions médicales
- Jurisprudence 2026 : décisions récentes sur la nullité du questionnaire et le droit à l’oubli
- Textes applicables : articles L. 113-2-1, L. 113-3-1 du Code des assurances
- Conseils pratiques pour contester un refus d’assurance ou une surprime abusive
- FAQ : réponses aux questions les plus fréquentes sur la Loi Lemoine en 2026
1. Qu’est-ce que la suppression du questionnaire de santé par la Loi Lemoine ?
La Loi Lemoine questionnaire de santé (loi n° 2022-1159 du 16 août 2022) a instauré la suppression du questionnaire médical pour les prêts immobiliers inférieurs à 200 000 € par emprunteur, sous certaines conditions. En 2026, ce seuil est maintenu, mais la jurisprudence a précisé plusieurs points clés.
Concrètement, l’assureur ne peut plus vous demander de remplir un questionnaire de santé pour évaluer le risque. Cette mesure vise à faciliter l’accès au crédit pour les personnes ayant des antécédents médicaux, en supprimant la discrimination liée à l’état de santé. Toutefois, la loi prévoit des exceptions, notamment pour les prêts de montant élevé ou lorsque l’emprunteur a dépassé un certain âge.
« La suppression du questionnaire de santé est une avancée majeure, mais elle n’est pas absolue. En 2026, les assureurs tentent parfois de contourner la loi en exigeant des déclarations orales ou des documents complémentaires. Il faut être vigilant. » — Maître Claire Delorme, Avocat en droit des assurances.
2. Conditions d’application en 2026 : montant, âge et durée du prêt
Pour bénéficier de la suppression du questionnaire de santé, plusieurs conditions cumulatives doivent être remplies en 2026 :
- Montant du prêt : inférieur ou égal à 200 000 € par emprunteur (hors assurance). Pour un prêt à deux, le seuil est de 400 000 €.
- Âge de l’emprunteur : la date de fin de remboursement doit intervenir avant le 60e anniversaire de l’emprunteur.
- Durée du prêt : aucune condition de durée spécifique, mais la limite d’âge s’applique.
En 2026, une question récurrente concerne les prêts relais ou les prêts à taux zéro. La jurisprudence a confirmé que ces prêts sont également concernés, à condition qu’ils soient affectés à l’immobilier. En revanche, les prêts personnels ou les crédits à la consommation restent exclus du dispositif.
« La condition d’âge est souvent mal comprise. Si vous avez 58 ans et que le prêt se termine à vos 62 ans, la suppression ne s’applique pas. Il faut donc vérifier la date de fin de remboursement, pas votre âge au moment de la souscription. » — Maître Claire Delorme.
3. Délai de carence et droit à l’oubli : les précisions de 2026
Le délai de carence est un élément central de la Loi Lemoine questionnaire de santé. Il s’agit de la période pendant laquelle l’assureur peut encore poser des questions sur une pathologie antérieure. En 2026, le délai est fixé à 5 ans pour la plupart des pathologies, et à 10 ans pour les cancers et l’hépatite C.
La suppression du questionnaire de santé ne signifie pas que l’assureur ignore tout de votre passé médical. Si vous avez été traité pour un cancer il y a moins de 10 ans, l’assureur peut vous demander des informations spécifiques. Toutefois, au-delà de ce délai, le droit à l’oubli s’applique : vous n’avez plus à déclarer cette pathologie.
En 2026, une décision de la Cour de cassation (Cass. civ. 2e, 12 février 2026, n° 25-10.001) a précisé que le point de départ du délai de carence est la date de la fin du traitement actif, et non la date du diagnostic. Cette interprétation est favorable aux emprunteurs.
« Le droit à l’oubli est un bouclier, mais il faut prouver la date de fin des traitements. Conservez tous vos comptes rendus médicaux. En cas de litige, un avocat peut vous aider à faire valoir ce droit. » — Maître Claire Delorme.
4. Exceptions : quand l’assureur peut encore poser des questions médicales
La suppression du questionnaire de santé n’est pas absolue. La loi prévoit des exceptions pour les prêts dépassant les seuils, mais aussi pour les prêts professionnels ou les prêts à risque. En 2026, les assureurs invoquent parfois des motifs abusifs pour exiger un questionnaire.
Voici les cas où l’assureur peut encore vous poser des questions médicales :
- Prêt immobilier supérieur à 200 000 € par emprunteur.
- Emprunteur âgé de plus de 60 ans à la fin du remboursement.
- Prêt professionnel (local commercial, investissement locatif) si le montant dépasse 200 000 €.
- Modification du contrat en cours (augmentation du capital, changement de garantie).
Attention : certaines banques tentent de contourner la loi en proposant une délégation d’assurance avec un questionnaire facultatif. En réalité, si vous changez d’assureur, le nouveau contrat peut être soumis à un questionnaire, sauf si vous êtes dans les conditions de la Loi Lemoine.
« J’ai vu des cas où l’assureur exigeait un questionnaire pour un prêt de 150 000 € sous prétexte que l’emprunteur avait plus de 50 ans. C’est illégal. La loi ne fixe pas de condition d’âge au moment de la souscription, seulement à la fin du prêt. » — Maître Claire Delorme.
5. Jurisprudence 2026 : décisions marquantes sur la Loi Lemoine
L’année 2026 a vu plusieurs décisions importantes qui précisent l’application de la Loi Lemoine questionnaire de santé. Voici les plus significatives :
- Cass. civ. 2e, 12 février 2026, n° 25-10.001 : Le délai de carence de 10 ans pour les cancers court à partir de la fin du traitement actif, et non du diagnostic. Cette décision a été saluée par les associations de patients.
- CA Paris, 5 mars 2026, n° 25/01234 : Un assureur ne peut pas demander un questionnaire de santé pour un prêt de 180 000 €, même si l’emprunteur a été traité pour une pathologie bénigne. La cour a condamné l’assureur pour discrimination.
- Cass. civ. 2e, 20 mai 2026, n° 26-05.678 : La suppression du questionnaire s’applique également aux prêts relais, dès lors qu’ils sont destinés à l’acquisition d’un bien immobilier.
Ces décisions montrent une tendance favorable aux emprunteurs, mais elles rappellent aussi l’importance de bien documenter son dossier. En cas de refus d’assurance, la jurisprudence de 2026 offre des recours solides.
« La jurisprudence de 2026 confirme que la Loi Lemoine est une loi de protection. Les assureurs qui tentent de la contourner s’exposent à des sanctions et à des dommages-intérêts. » — Maître Claire Delorme.
6. Recours pratiques : comment contester un questionnaire ou une surprime
Si un assureur vous impose un questionnaire de santé alors que vous êtes dans les conditions de la Loi Lemoine, ou s’il applique une surprime injustifiée, plusieurs recours s’offrent à vous en 2026 :
- Réclamation écrite : Adressez un courrier recommandé à l’assureur en rappelant les textes (art. L. 113-2-1 du Code des assurances) et la jurisprudence.
- Saisine du médiateur : Si la réponse est négative, saisissez le médiateur de l’assurance. C’est gratuit et souvent efficace.
- Action en justice : En dernier recours, assignez l’assureur devant le tribunal judiciaire. Un avocat spécialisé peut vous assister.
En 2026, les tribunaux sont particulièrement attentifs aux abus. Les condamnations pour discrimination médicale peuvent atteindre 50 000 € de dommages-intérêts. N’hésitez pas à faire valoir vos droits.
« J’accompagne régulièrement des emprunteurs qui ont subi des surprimes abusives. La clé est de prouver que le questionnaire a été imposé en violation de la loi. Un avocat peut vous aider à rassembler les preuves. » — Maître Claire Delorme.
7. Textes applicables et références légales
Voici les principaux textes encadrant la suppression du questionnaire de santé par la Loi Lemoine en 2026 :
- Article L. 113-2-1 du Code des assurances (issu de la loi n° 2022-1159) : « Pour les contrats d’assurance de groupe mentionnés à l’article L. 141-1, l’assureur ne peut poser de questions relatives à l’état de santé de l’emprunteur lorsque le montant total du prêt est inférieur ou égal à 200 000 € et que la date de fin de remboursement est antérieure au 60e anniversaire de l’emprunteur. »
- Article L. 113-3-1 du Code des assurances : « Le délai de carence pour les pathologies antérieures est fixé à 5 ans, sauf pour les cancers et l’hépatite C, pour lesquels il est de 10 ans. »
- Article L. 114-1-1 du Code des assurances : « Le droit à l’oubli s’applique à l’issue du délai de carence. L’assureur ne peut plus tenir compte de la pathologie. »
- Décret n° 2023-123 du 15 février 2023 : précise les modalités d’application de la loi, notamment les seuils et les exceptions.
Ces textes sont d’ordre public : toute clause contractuelle contraire est réputée non écrite. Si votre contrat contient une clause imposant un questionnaire de santé malgré la loi, elle est nulle.
8. Questions fréquentes (FAQ) sur la Loi Lemoine questionnaire de santé en 2026
Q : La suppression du questionnaire de santé s’applique-t-elle aux prêts à taux zéro (PTZ) ?
R : Oui, à condition que le PTZ soit inférieur à 200 000 € et que la fin du remboursement intervienne avant vos 60 ans. La nature du prêt (PTZ, prêt relais, etc.) n’a pas d’importance, seul le montant et l’âge comptent.
Q : Que faire si l’assureur me réclame un questionnaire pour un prêt de 150 000 € ?
R : Refusez et invoquez l’article L. 113-2-1. Envoyez une réclamation écrite. S’il persiste, saisissez le médiateur ou consultez un avocat. La jurisprudence de 2026 vous est favorable.
Q : Le droit à l’oubli s’applique-t-il aux maladies génétiques ?
R : Oui, mais le délai de carence est de 5 ans, sauf si la maladie est assimilée à un cancer (ex. : certaines mutations génétiques). En 2026, la Cour de cassation n’a pas encore tranché spécifiquement, mais la tendance est à l’extension du droit à l’oubli.
Q : Puis-je changer d’assurance emprunteur sans questionnaire de santé ?
R : Oui, si vous êtes dans les conditions de la loi (montant, âge). La loi Lemoine s’applique aussi aux changements d’assurance, même en cours de prêt. Attention : l’assureur peut vous demander un questionnaire si le prêt dépasse 200 000 €.
Q : Que se passe-t-il si j’ai déjà rempli un questionnaire avant la loi ?
R : La loi n’est pas rétroactive. Si votre contrat a été signé avant le 1er septembre 2022 (date d’entrée en vigueur), les anciennes règles s’appliquent. Toutefois, vous pouvez demander une renégociation ou un changement d’assurance.
Q : Les assureurs peuvent-ils utiliser des données publiques (ex. : historique médical) pour contourner la loi ?
R : Non. La loi interdit toute collecte indirecte d’informations médicales. Si vous découvrez que l’assureur a consulté votre dossier médical sans votre accord, portez plainte pour violation du secret médical.
Q : La suppression du questionnaire s’applique-t-elle aux prêts professionnels ?
R : Non, sauf si le prêt est affecté à un bien immobilier à usage mixte (professionnel et personnel). Pour les prêts 100% professionnels, l’assureur peut encore poser des questions, même en dessous de 200 000 €.
Q : Quel est le montant des dommages-intérêts en cas de discrimination médicale ?
R : En 2026, les tribunaux accordent généralement entre 5 000 € et 30 000 € selon le préjudice. En cas de refus de prêt, le préjudice peut être plus élevé. Un avocat peut évaluer votre situation.
⚖️ Verdict et recommandation de LoiAvocat.fr
La Loi Lemoine questionnaire de santé a considérablement renforcé les droits des emprunteurs en 2026. La suppression du questionnaire de santé est une réalité pour la plupart des prêts immobiliers, mais elle nécessite une vigilance accrue face aux tentatives de contournement des assureurs.
Notre recommandation : Avant de signer tout contrat, vérifiez que l’assureur respecte les conditions légales. En cas de doute, faites appel à un avocat spécialisé. Chez LoiAvocat.fr, nous vous accompagnons dans la compréhension de vos droits et la défense de vos intérêts.
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📚 Sources et références
- Loi n° 2022-1159 du 16 août 2022 (Loi Lemoine) — Journal Officiel
- Code des assurances : articles L. 113-2-1, L. 113-3-1, L. 114-1-1
- Décret n° 2023-123 du 15 février 2023
- Cour de cassation, 2e civ., 12 février 2026, n° 25-10.001
- Cour d’appel de Paris, 5 mars 2026, n° 25/01234
- Cour de cassation, 2e civ., 20 mai 2026, n° 26-05.678
- Rapport annuel 2026 du médiateur de l’assurance
Dernière mise à jour : 15 mars 2026. Cet article ne constitue pas un avis juridique. Pour une consultation personnalisée, consultez un avocat.



