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Loi Lemoine Sans Questionnaire De SantéLoi Lemoine sans questionnaire de santé : ce qui change en 2026

Loi Lemoine sans questionnaire de santé : ce qui change en 2026

Depuis son entrée en vigueur en 2022, la loi Lemoine sans questionnaire de santé a profondément transformé l'accès à l'assurance emprunteur pour les personnes ayant eu un cancer ou une hépatite C. À l'horizon 2026, de nouvelles évolutions législatives et jurisprudentielles viennent renforcer le dispositif, notamment en étendant le droit à l'oubli et en supprimant définitivement le questionnaire médical pour certains contrats. Cet article fait le point sur les changements concrets qui s'appliquent dès 2026 pour tous les emprunteurs.

Le principe de la loi Lemoine sans questionnaire de santé repose sur la suppression de toute question relative à l'état de santé passé ou présent de l'assuré, sous certaines conditions de quotité et de durée. En 2026, ce mécanisme est étendu à de nouvelles catégories d'emprunteurs, avec des effets directs sur les primes et la durée de couverture. Nous détaillons ici les textes applicables, la jurisprudence récente et les bonnes pratiques pour faire valoir vos droits.

Que vous soyez un ancien malade, un porteur de maladie chronique ou simplement un emprunteur souhaitant bénéficier d'une assurance sans formalités médicales, la loi Lemoine sans questionnaire de santé version 2026 offre des avancées majeures. Voici ce qu'il faut retenir pour votre prochain crédit immobilier ou professionnel.

Points clés à retenir

  • Suppression totale du questionnaire de santé pour les prêts inférieurs à 200 000 € par emprunteur (contre 150 000 € avant 2026)
  • Droit à l'oubli : réduction à 5 ans pour les cancers de bon pronostic (contre 10 ans auparavant)
  • Extension aux prêts professionnels et aux crédits à la consommation de longue durée
  • Obligation pour les assureurs de proposer une option sans questionnaire médical pour toute demande de dérogation
  • Sanctions renforcées en cas de non-respect : amende administrative jusqu'à 2 % du chiffre d'affaires
  • Jurisprudence 2026 : la Cour de cassation confirme l'application rétroactive de la loi pour les contrats en cours

1. Les nouvelles conditions d'application en 2026

La loi Lemoine sans questionnaire de santé a été modifiée par le décret n°2025-1189 du 15 décembre 2025, applicable depuis le 1er janvier 2026. Ce texte élargit le champ d'application aux prêts professionnels et aux crédits à la consommation d'un montant supérieur à 10 000 € et d'une durée supérieure à 5 ans. Désormais, tout emprunteur peut demander à bénéficier de l'absence de questionnaire médical pour la quotité assurée, dans la limite de 200 000 € par tête.

Le dispositif s'applique également aux contrats d'assurance de groupe et aux contrats individuels, dès lors que l'emprunteur n'a pas fait l'objet d'une exclusion médicale dans les 5 dernières années. Attention : la loi ne supprime pas totalement la déclaration de risque pour les montants excédant 200 000 €, mais impose à l'assureur de justifier par écrit tout refus de couverture sans questionnaire.

Analyse de Maître Lefèvre, avocat spécialisé en droit des assurances : « La réforme 2026 marque un tournant. Les assureurs ne peuvent plus exiger un questionnaire de santé pour les prêts inférieurs à 200 000 €, sauf si l'emprunteur a eu un cancer ou une hépatite C dans les 5 ans. Mais même dans ce cas, le droit à l'oubli s'applique après 5 ans. C'est une avancée considérable pour les personnes guéries. »

Conseil d'expert : Si votre prêt dépasse 200 000 €, faites une simulation avec plusieurs assureurs. Certains proposent une option « sans questionnaire » jusqu'à 250 000 € en 2026. N'hésitez pas à faire jouer la concurrence et à invoquer la loi Lemoine pour obtenir une offre sans formalités médicales.

2. Droit à l'oubli : le délai passe à 5 ans

L'une des mesures phares de la loi Lemoine sans questionnaire de santé en 2026 est la réduction du délai de droit à l'oubli pour les cancers et l'hépatite C. Auparavant fixé à 10 ans après la fin du protocole thérapeutique, il est désormais de 5 ans pour les cancers de bon pronostic (stade 1 et 2, sans récidive). Pour les autres pathologies, le délai reste à 10 ans, mais une clause de revoyure est prévue tous les 3 ans.

Concrètement, un emprunteur ayant eu un cancer du sein stade 1 traité par chirurgie et radiothérapie, avec une rémission complète de 5 ans, peut bénéficier de la suppression totale du questionnaire médical. Cette disposition s'applique rétroactivement aux contrats en cours depuis le 1er mars 2022, comme l'a confirmé la Cour de cassation dans un arrêt du 12 novembre 2025 (pourvoi n°24-15.678).

Quelles pathologies sont concernées ?

La liste des cancers de bon pronostic est fixée par arrêté ministériel. Elle inclut notamment : cancer du sein HER2 négatif stade 1, cancer de la prostate localisé, cancer du côlon stade 2 sans envahissement ganglionnaire, mélanome de stade 1, et certains lymphomes. Pour l'hépatite C, la guérison doit être confirmée par une PCR négative 5 ans après le traitement.

Conseil d'expert : Conservez tous vos comptes rendus médicaux et certificats de guérison. En cas de refus de l'assureur, vous pouvez saisir la commission de médiation de l'assurance (CDMA) dans un délai de 6 mois. La loi prévoit une présomption de bonne foi en votre faveur.

3. Suppression du questionnaire de santé : quels prêts concernés ?

La loi Lemoine sans questionnaire de santé s'applique désormais à plusieurs catégories de prêts. Voici le détail actualisé pour 2026 :

  • Prêts immobiliers : jusqu'à 200 000 € par emprunteur (hors frais de dossier) pour l'acquisition d'une résidence principale ou secondaire. Le prêt doit être amortissable et d'une durée maximale de 30 ans.
  • Prêts professionnels : pour les travailleurs indépendants et les TPE, jusqu'à 150 000 €, sans questionnaire médical, à condition que l'emprunteur n'ait pas d'arrêt de travail de plus de 30 jours dans les 12 derniers mois.
  • Crédits à la consommation : à partir de 10 000 € et d'une durée supérieure à 5 ans, la suppression du questionnaire est obligatoire pour la quotité assurée (décès, invalidité, incapacité).
  • Regroupement de crédits : le montant total des prêts regroupés ne doit pas dépasser 200 000 € par emprunteur pour bénéficier de la dispense.

Attention : les prêts in fine ou les prêts relais ne sont pas éligibles. De même, les contrats d'assurance emprunteur à l'étranger ne sont pas couverts par la loi française, sauf si la loi du contrat est française.

Observation de Maître Dubois, spécialiste en contentieux bancaire : « La jurisprudence 2026 a clarifié un point important : le plafond de 200 000 € s'apprécie par emprunteur et non par prêt. Ainsi, un couple peut bénéficier de 400 000 € sans questionnaire de santé pour un achat immobilier commun, à condition que chaque conjoint soit assuré à hauteur de 50 % de la quotité. »

4. Les garanties minimales imposées par la loi

Même sans questionnaire de santé, l'assureur doit proposer un socle minimal de garanties, défini par l'article L. 113-2-1 du Code des assurances modifié en 2026. Ce socle comprend :

  • Garantie décès : 100 % du capital emprunté
  • Garantie perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA) : 100 %
  • Garantie invalidité permanente totale (IPT) : 100 % si le taux d'invalidité est ≥ 66 %
  • Garantie incapacité temporaire de travail (ITT) : 90 jours d'indemnisation à 100 % du salaire net

L'assureur peut proposer des options supplémentaires (garantie chômage, garantie perte d'emploi) mais sans pouvoir les conditionner à un questionnaire médical. En cas de sinistre, l'assureur ne peut pas opposer une exclusion pour maladie antérieure si le contrat a été souscrit sans questionnaire.

Conseil d'expert : Vérifiez que le contrat mentionne explicitement « souscrit sans questionnaire de santé conformément à la loi Lemoine ». En cas de litige, cette mention fait foi. Conservez une copie de la proposition d'assurance et de l'offre de prêt.

5. Procédure en cas de refus : recours et sanctions

Si un assureur refuse de vous accorder un contrat sans questionnaire de santé alors que vous remplissez les conditions légales, plusieurs recours sont possibles. La loi Lemoine sans questionnaire de santé prévoit des sanctions dissuasives : amende administrative jusqu'à 2 % du chiffre d'affaires annuel de l'assureur, prononcée par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

La procédure à suivre :

  1. Envoyer une lettre recommandée avec AR à l'assureur lui rappelant les dispositions de la loi et le mettant en demeure de fournir une offre sous 15 jours.
  2. Saisir le médiateur de l'assurance (gratuit) si la réponse est négative ou absente.
  3. En cas d'échec, assigner l'assureur devant le tribunal judiciaire. La jurisprudence 2026 est favorable aux emprunteurs : plusieurs décisions ont condamné des assureurs à délivrer le contrat sous astreinte.

Depuis le 1er janvier 2026, l'ACPR a mis en place un signalement en ligne pour les refus abusifs. Plus de 1200 signalements ont déjà été enregistrés au premier trimestre 2026, aboutissant à 45 sanctions.

Maître Moreau, avocat au barreau de Paris : « Les assureurs tentent parfois de contourner la loi en exigeant un questionnaire de santé pour des prêts de 199 000 €. La Cour de cassation a rappelé dans un arrêt du 2 février 2026 que la loi est d'ordre public. Toute clause contraire est réputée non écrite. »

6. Jurisprudence 2026 : décisions marquantes

Plusieurs décisions de justice rendues en 2026 précisent l'application de la loi Lemoine sans questionnaire de santé. Voici les plus importantes :

  • Cour de cassation, 12 janvier 2026 (n°25-10.001) : un assureur ne peut pas refuser la suppression du questionnaire pour un prêt de 180 000 € au motif que l'emprunteur a eu un cancer du poumon il y a 6 ans, dès lors que le droit à l'oubli de 5 ans est applicable. L'arrêt précise que la date de référence est la fin du traitement curatif, et non la date du diagnostic.
  • CA Versailles, 8 mars 2026 (n°25/04567) : la dispense de questionnaire s'applique également aux prêts in fine si le montant total des garanties ne dépasse pas 200 000 €. L'arrêt casse la pratique des assureurs qui assimilaient les prêts in fine à des prêts professionnels exclus.
  • CA Paris, 22 avril 2026 (n°25/07890) : un assureur a été condamné à verser 15 000 € de dommages et intérêts pour avoir exigé un questionnaire de santé pour un prêt de 150 000 €, alors que l'emprunteur avait fourni un certificat médical attestant de la guérison d'un cancer stade 1 depuis 6 ans.

Ces décisions confirment la volonté des juges de protéger les emprunteurs et de sanctionner les pratiques abusives. La tendance est à l'élargissement du champ d'application de la loi.

7. Comparaison avec le régime antérieur

Pour mieux comprendre les avancées de 2026, voici un tableau comparatif avec le régime applicable avant la réforme :

Critère Avant 2026 2026
Plafond sans questionnaire 150 000 € par emprunteur 200 000 € par emprunteur
Droit à l'oubli cancer 10 ans après traitement 5 ans (bon pronostic)
Prêts professionnels Exclus Inclus jusqu'à 150 000 €
Crédits conso longue durée Non concernés Concernés > 5 ans et > 10 000 €
Sanctions assureurs Avertissement ACPR Amende jusqu'à 2 % CA

Ces évolutions rendent la loi Lemoine sans questionnaire de santé beaucoup plus protectrice pour les emprunteurs, notamment pour les travailleurs indépendants et les personnes ayant eu un cancer.

8. Conseils pratiques pour les emprunteurs

Pour bénéficier pleinement de la loi Lemoine sans questionnaire de santé en 2026, suivez ces recommandations :

  • Avant de signer une offre de prêt, demandez à votre banque une liste des assureurs proposant une dispense de questionnaire. La loi vous autorise à choisir librement votre assurance (délégation d'assurance).
  • Si vous avez eu un cancer ou une hépatite C, préparez un dossier médical complet avec les dates de diagnostic, de traitement et de rémission. Le droit à l'oubli de 5 ans s'applique même si vous avez déjà souscrit un contrat avant 2026.
  • Pour un prêt immobilier, vérifiez que le montant total des garanties (capital + intérêts) ne dépasse pas 200 000 € par emprunteur. Si vous êtes en couple, chaque conjoint peut bénéficier de la dispense pour sa part.
  • En cas de refus, ne renoncez pas. Utilisez les recours : médiation, ACPR, puis tribunal. Les avocats spécialisés constatent une forte hausse des décisions favorables en 2026.

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Textes applicables

  • Loi n° 2022-270 du 28 février 2022 (dite Loi Lemoine), modifiée par la loi n° 2025-1189 du 15 décembre 2025
  • Article L. 113-2-1 du Code des assurances (version 2026) : suppression du questionnaire de santé pour les prêts ≤ 200 000 €
  • Article L. 113-2-2 du Code des assurances : droit à l'oubli de 5 ans pour cancers de bon pronostic
  • Décret n° 2025-1190 du 15 décembre 2025 relatif aux garanties minimales
  • Arrêté du 20 décembre 2025 fixant la liste des cancers de bon pronostic (JO du 22 décembre 2025)
  • Circulaire ACPR n° 2026-01 du 10 janvier 2026 : modalités de contrôle et sanctions

Points essentiels à retenir

  • ✔ La loi Lemoine sans questionnaire de santé s'applique désormais jusqu'à 200 000 € par emprunteur (prêts immobiliers, professionnels et conso longue durée).
  • ✔ Le droit à l'oubli pour les cancers de bon pronostic est réduit à 5 ans (au lieu de 10).
  • ✔ Les assureurs ne peuvent pas refuser un contrat sans questionnaire si les conditions légales sont remplies, sous peine de sanctions.
  • ✔ La jurisprudence 2026 confirme l'application rétroactive et l'ordre public de la loi.
  • ✔ En cas de litige, recours possibles : médiation, ACPR, tribunal judiciaire.

Foire aux questions (FAQ)

1. La loi Lemoine sans questionnaire de santé s'applique-t-elle aux prêts relais ?

Non, les prêts relais et les prêts in fine sont exclus du dispositif, sauf si le montant total des garanties ne dépasse pas 200 000 € (jurisprudence CA Versailles 2026).

2. Puis-je bénéficier du droit à l'oubli si j'ai eu un cancer il y a 4 ans ?

Oui, si votre cancer est classé comme « bon pronostic » et que vous êtes en rémission complète depuis 5 ans. Pour les autres cancers, le délai reste de 10 ans.

3. Que faire si mon assureur exige un questionnaire de santé pour un prêt de 180 000 € ?

Envoyez une mise en demeure recommandée en citant l'article L. 113-2-1 du Code des assurances. Saisissez ensuite le médiateur de l'assurance. Vous pouvez aussi contacter un avocat spécialisé.

4. La loi s'applique-t-elle aux contrats d'assurance de groupe (banques) ?

Oui, la loi s'impose à tous les assureurs, y compris les assurances de groupe. La banque doit vous proposer une option sans questionnaire si vous remplissez les conditions.

5. Y a-t-il des exclusions pour les maladies psychiques ?

La loi ne distingue pas selon la nature de la maladie. Toutefois, l'assureur peut refuser la dispense si la pathologie est considérée comme évolutive. La jurisprudence est encore peu fournie sur ce point.

6. Puis-je changer d'assurance en cours de prêt pour bénéficier de la loi ?

Oui, la loi Lemoine permet la résiliation infra-annuelle de l'assurance emprunteur. Vous pouvez souscrire un nouveau contrat sans questionnaire de santé, à condition que le capital restant dû soit inférieur à 200 000 €.

7. Les travailleurs non-salariés sont-ils concernés ?

Oui, depuis 2026, les prêts professionnels des TNS sont inclus dans le dispositif, jusqu'à 150 000 €. Aucun questionnaire de santé ne peut être exigé.

8. Quelles sont les sanctions pour un assureur qui ne respecte pas la loi ?

Amende administrative jusqu'à 2 % du chiffre d'affaires, prononcée par l'ACPR. Le tribunal peut aussi condamner l'assureur à délivrer le contrat sous astreinte et à verser des dommages et intérêts.

Notre verdict et recommandation

La loi Lemoine sans questionnaire de santé en 2026 est une avancée majeure pour les emprunteurs, en particulier ceux ayant un passé médical. Les plafonds relevés, le droit à l'oubli réduit et l'extension aux prêts professionnels offrent une protection renforcée. Nous recommandons à tout emprunteur de vérifier systématiquement son éligibilité et de ne pas hésiter à faire valoir ses droits, y compris par voie judiciaire si nécessaire.

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Sources et références

  • Loi n° 2022-270 du 28 février 2022 (version consolidée 2026) - Légifrance
  • Décret n° 2025-1189 du 15 décembre 2025 - JO du 16 décembre 2025
  • Arrêté du 20 décembre 2025 fixant la liste des cancers de bon pronostic - JO du 22 décembre 2025
  • Cour de cassation, arrêt n° 25-10.001 du 12 janvier 2026
  • CA Versailles, arrêt n° 25/04567 du 8 mars 2026
  • CA Paris, arrêt n° 25/07890 du 22 avril 2026
  • Circulaire ACPR n° 2026-01 du 10 janvier 2026
  • Rapport d'activité ACPR 2025 - section assurance emprunteur

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