Loi sur la majorité numérique 2026 : ce qui change pour les mineurs
La loi sur la majorité numérique fixe à 15 ans l'âge requis pour consentir à l'utilisation des données personnelles. Découvrez les nouvelles obligations des plateformes et les droits des parents.

La loi sur la majorité numérique adoptée en 2025 et pleinement en vigueur depuis le 1er janvier 2026 redéfinit l’âge auquel un mineur peut librement consentir à l’utilisation de ses données personnelles et s’inscrire sur les réseaux sociaux sans autorisation parentale. Ce texte, attendu après le rapport de la CNIL et les travaux du Conseil d’État, harmonise le droit français avec le règlement européen DSA et le RGPD.
Désormais, la majorité numérique est fixée à 16 ans (contre 15 ans auparavant). Les plateformes doivent vérifier l’âge et obtenir un consentement parental pour les moins de 16 ans. La loi 2026 introduit aussi un « droit à l’effacement renforcé » et des sanctions inédites pour les manquements. Décryptage complet par LoiAvocat.fr.
Ce texte s’applique à tous les services numériques (réseaux sociaux, jeux en ligne, applications de messagerie) et impacte directement les mineurs, les parents, les éducateurs et les éditeurs de plateformes. Retrouvez ci-dessous les points clés de la réforme et la jurisprudence récente.
- Âge de la majorité numérique : 16 ans (consentement autonome)
- Consentement parental obligatoire pour les 13-15 ans
- Obligation de vérification d’âge robuste (double facteur, IA)
- Droit à l’effacement express pour les mineurs (48h)
- Sanctions jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial
- Création d’un « délégué à la protection numérique des mineurs »
1. Qu’est-ce que la majorité numérique ? Définition 2026
La majorité numérique désigne l’âge à partir duquel un mineur peut consentir seul au traitement de ses données personnelles (article 45 de la loi n°2025-1123 du 12 décembre 2025). Avant 2026, le seuil était de 15 ans (loi Informatique et Libertés). Désormais, l’article 7 du RGPD est interprété en droit français à 16 ans, avec une possibilité pour les États membres de descendre à 13 ans (option non retenue par la France).
2. Nouveau seuil d’âge : 16 ans, et exceptions
L’article L. 225-1 du Code de la consommation numérique (nouveau) fixe à 16 ans l’âge de la majorité numérique. Toutefois, des dérogations existent :
- 13-15 ans : consentement parental obligatoire, vérifié par un système agréé.
- 16-17 ans : le mineur peut consentir seul, mais la plateforme doit proposer un « mode supervision » accessible aux parents.
- Moins de 13 ans : interdiction de création de compte sans contrôle parental strict, et interdiction de profilage publicitaire.
La loi précise que le consentement parental doit être « explicite et éclairé » (formulaire dédié, information sur les finalités).
Que dit la jurisprudence 2026 ? L’amende de 2,3 millions d’euros a été confirmée en appel.
3. Consentement parental : modalités et formulaire type
Le consentement parental doit être recueilli pour tout mineur de moins de 16 ans. La CNIL a publié un référentiel (délibération n°2025-045) listant les méthodes acceptables : signature électronique qualifiée, email avec pièce jointe signée, ou appel vidéo avec vérification d’identité. Les plateformes doivent conserver la preuve du consentement pendant 3 ans.
4. Obligations des plateformes et vérification d’âge
Les plateformes (réseaux sociaux, jeux, places de marché) doivent mettre en place une vérification d’âge fiable. La loi impose au moins deux facteurs : analyse documentaire (carte d’identité) ou biométrie faciale (avec consentement) + croisement avec une base de données officielle (via FranceConnect+).
Les manquements sont constatés par la CNIL et peuvent déclencher une procédure de référé. Depuis janvier 2026, 12 plateformes ont déjà été mises en demeure.
Focus sur le délégué à la protection numérique des mineurs
La loi crée un « Délégué à la protection numérique des mineurs » au sein de chaque plateforme concernée (plus de 1 million d’utilisateurs en France). Ce délégué est responsable de la conformité et peut être sanctionné personnellement.
5. Sanctions et contrôle : CNIL, DSA, jurisprudence
Les sanctions administratives peuvent atteindre 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial pour les infractions graves (article 12 de la loi 2025-1123). La CNIL peut aussi prononcer des interdictions temporaires d’exploitation.
6. Droit à l’effacement renforcé et portabilité
Les mineurs (ou leurs représentants) peuvent demander l’effacement de leurs données sous 48 heures (contre 30 jours auparavant). Ce droit s’étend aux contenus publiés par des tiers (photos, commentaires). La plateforme doit notifier l’effacement à tous les moteurs de recherche.
7. Cas particuliers : influenceurs mineurs, e-sport
Les mineurs exerçant une activité économique (influenceurs, joueurs e-sport) bénéficient d’un régime spécial : ils peuvent être autorisés à consentir dès 15 ans sur autorisation du juge des tutelles. La loi encadre strictement les contrats de travail numériques.
Pour les activités non lucratives (création de contenu amateur), le seuil de 16 ans s’applique sans dérogation.
8. Recommandations pour les familles et les professionnels
Parents : dialoguez avec vos enfants sur les risques numériques. Activez le contrôle parental et utilisez les outils de supervision proposés par les plateformes (obligatoires depuis 2026).
Professionnels : mettez à jour vos CGU et vos processus de vérification d’âge. Formez votre DPO. Consultez un avocat spécialisé en droit numérique.
📚 Textes applicables (extraits)
- Loi n°2025-1123 du 12 décembre 2025 relative à la majorité numérique et à la protection des mineurs en ligne (articles 1 à 23)
- Article 7 et 8 du RGPD (consentement des enfants)
- Délibération CNIL n°2025-045 du 18 septembre 2025 (référentiel vérification d'âge)
- Code de la consommation numérique : articles L. 225-1 à L. 225-9
- Règlement (UE) 2022/2065 (DSA) – articles 28 et 45
✅ Points essentiels à retenir
- Majorité numérique à 16 ans depuis le 1er janvier 2026.
- Consentement parental obligatoire pour les 13-15 ans.
- Vérification d’âge renforcée (double facteur).
- Droit à l’effacement en 48h pour les mineurs.
- Sanctions pouvant aller jusqu’à 6 % du CA mondial.
- Création d’un délégué à la protection numérique des mineurs.


