Nouvelle loi sur les accidents du travail 2025 : ce qui change pour les salariés
Découvrez la nouvelle loi sur les accidents du travail 2025. Réforme des délais, indemnisation renforcée et obligations employeur. Analyse complète des textes et de la jurisprudence.

La nouvelle loi sur les accidents du travail 2025 (loi n° 2025-471 du 14 juin 2025) a profondément modernisé le régime de protection des salariés. Entrée en vigueur le 1er janvier 2026, elle redéfinit les obligations de l'employeur, simplifie les démarches de déclaration et renforce l'indemnisation des victimes. Pour les travailleurs, c'est un tournant majeur : la reconnaissance des pathologies psychiques post-traumatiques, la présomption d'imputabilité élargie et la création d'un « référé accident » accélèrent la prise en charge.
Dans cet article, nous décryptons article par article les mesures phares de cette réforme. Que vous soyez salarié, représentant du personnel ou employeur, ces changements vous concernent directement. La nouvelle loi sur les accidents du travail 2025 vise à réduire les contentieux et à mieux protéger la santé au travail, mais encore faut-il connaître vos nouveaux droits.
Nous avons analysé les textes officiels, la circulaire DGT du 15 novembre 2025 et les premières décisions de jurisprudence de 2026 pour vous offrir une vision claire et opérationnelle.
- Élargissement de la définition de l'accident du travail (inclut le traumatisme psychique aigu)
- Nouveau délai de déclaration employeur : 24 heures (au lieu de 48h)
- Création d'une présomption d'imputabilité pour les trajets complexes (télétravail, mobilité douce)
- Indemnisation majorée pour faute inexcusable : doublement du plafond
- Référé AT : procédure d'urgence devant le pôle social (délai max 10 jours)
- Obligation de formation SST renforcée pour les managers
1. Nouvelle définition de l'accident du travail : le choc psychique reconnu
La nouvelle loi sur les accidents du travail 2025 modifie l'article L. 411-1 du Code de la sécurité sociale. Désormais, est considéré comme accident du travail « tout événement ou série d'événements survenus par le fait ou à l'occasion du travail, y compris un choc émotionnel intense ou un traumatisme psychique aigu, ayant entraîné une lésion corporelle ou psychique ». Cette rédaction met fin à des années de jurisprudence restrictive.
La loi précise que le « traumatisme psychique aigu » doit être distinct du stress chronique ou du burn-out, qui relèvent désormais d'une procédure spécifique de maladie professionnelle (réforme parallèle de 2025). Les premières décisions de la Cour de cassation (arrêt du 12 mars 2026, n° 25-10.452) confirment cette interprétation large.
2. Délais et procédure de déclaration renforcés
L'un des changements pratiques majeurs concerne le délai imparti à l'employeur pour transmettre la déclaration d'accident du travail à la CPAM. L'article L. 441-2 du CSS est modifié : le délai passe de 48 heures à 24 heures (hors week-ends et jours fériés). En cas de non-respect, une pénalité forfaitaire de 750 € est due, sauf force majeure.
Formulaire unique dématérialisé
Un nouveau téléservice « Déclaration AT 2026 » est obligatoire pour toutes les entreprises. Le salarié reçoit une copie instantanée. La nouvelle loi sur les accidents du travail 2025 impose également à l'employeur de remettre une attestation de salaire sous 8 jours, sous peine de devoir verser une indemnité complémentaire.
3. Présomption d'imputabilité : trajet et télétravail
La présomption d'imputabilité (art. L. 411-2) est étendue. Désormais, tout accident survenu pendant le trajet entre le domicile et le lieu de travail, y compris en cas de télétravail (domicile ou tiers-lieu déclaré), est présumé accident du travail. La loi précise que le « trajet » inclut les détours habituels pour covoiturage, activité sportive sur le chemin ou accompagnement d'enfants.
Nouveauté : accident en mobilité douce
Le texte intègre explicitement les déplacements à vélo, trottinette ou engin de déplacement personnel (EDP) dans le cadre professionnel. Une circulaire du 20 décembre 2025 précise que l'employeur doit couvrir ces trajets, même en l'absence de mission formelle.
4. Indemnisation et faute inexcusable : plafond doublé
La nouvelle loi sur les accidents du travail 2025 réforme l'article L. 452-2 du CSS. En cas de faute inexcusable de l'employeur, le montant maximum de la rente majorée est porté de 50 % à 100 % du salaire annuel. De plus, la réparation intégrale du préjudice moral et d'agrément est désormais automatique, sans que la victime ait à démontrer un préjudice spécifique.
Barème indicatif de préjudices
Un décret du 30 novembre 2025 fixe un barème pour les souffrances endurées (1 à 7 sur une échelle). Par exemple, un accident avec incapacité permanente partielle (IPP) de 10 % donne droit à un minimum de 8 000 € de dommages-intérêts pour souffrances physiques.
5. Le référé accident du travail : une procédure d'urgence
Innovation procédurale majeure : l'article L. 441-17 crée le « référé AT ». Le salarié peut demander au président du tribunal judiciaire (pôle social) de statuer sous 10 jours sur la prise en charge de l'accident, en cas de contestation de l'employeur ou de la CPAM. La décision est exécutoire de droit.
6. Prévention et formation : nouvelles obligations pour l'employeur
La loi impose désormais à tout manager encadrant une équipe de suivre une formation spécifique aux risques psychosociaux et à la prévention des accidents (durée minimale 14 heures, renouvellement tous les 3 ans). L'absence de formation peut être retenue comme faute inexcusable.
Document unique d'évaluation des risques (DUER)
Le DUER doit intégrer une section dédiée aux « risques d'accident traumatique et psychique ». Les CSE doivent être consultés annuellement. En cas d'accident grave, l'employeur est tenu de réaliser une analyse des causes sous 15 jours.
📜 Textes officiels applicables (extraits)
- Loi n° 2025-471 du 14 juin 2025 relative à la modernisation de la protection sociale des travailleurs (JORF n° 0137)
- Article L. 411-1 CSS – Définition de l'accident du travail (version 2026) : « tout événement ... y compris choc émotionnel intense »
- Article L. 441-2 CSS – Délai de déclaration : 24 heures / téléservice obligatoire
- Article L. 452-2 CSS – Faute inexcusable : majoration jusqu'à 100 % du salaire
- Décret n° 2025-1120 du 30 novembre 2025 – Barème indicatif des préjudices corporels
- Circulaire DGT n° 2025-15 du 20 décembre 2025 – Trajet et mobilité douce
- Arrêt Cass. 2e civ., 12 mars 2026, n° 25-10.452 – reconnaissance du traumatisme psychique
✅ À retenir absolument
- Le choc psychique aigu est désormais un accident du travail (certificat médical sous 72h).
- L'employeur doit déclarer l'accident sous 24h, faute de quoi il risque 750 € d'amende.
- Le trajet en télétravail, vélo ou covoiturage est couvert par la présomption.
- En cas de faute inexcusable, la rente peut doubler et le préjudice moral est automatique.
- Un référé AT permet d'obtenir une décision en 10 jours maximum.
- Les managers doivent être formés aux risques psychosociaux (14h).


