Texte de loi sur le droit à l’image : comprendre l’article 9 du Code civil
Quel est le texte de loi sur le droit à l’image ? Découvrez l’article 9 du Code civil, la jurisprudence clé et les exceptions applicables en 2026. Un guide complet pour protéger votre image.

Le texte de loi sur le droit à l’image est l’un des piliers de la protection de la vie privée en France. Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas de code unique intitulé « droit à l’image ». La base légale principale se trouve dans l’article 9 du Code civil, complété par une jurisprudence constante de la Cour de cassation et de la Cour européenne des droits de l’homme.
Maîtriser ce texte de loi sur le droit à l’image est essentiel pour toute personne souhaitant publier une photo, utiliser un visage à des fins commerciales, ou au contraire, faire valoir son droit au respect de son image. En 2026, les juges continuent d’affiner les limites de ce droit fondamental, notamment face aux défis des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle.
Dans cet article, nous décortiquons l’article 9 du Code civil, les textes connexes, et la jurisprudence récente pour vous offrir une vision claire et opérationnelle de ce que dit la loi.
🔑 Points clés couverts
- Le fondement légal : article 9 du Code civil et article 8 de la CEDH
- La notion de « droit à l’image » : ce qui est protégé et ce qui ne l’est pas
- Les exceptions légales et jurisprudentielles (information, art, espace public)
- Les sanctions en cas d’atteinte : dommages et intérêts, référé, saisie
- Les spécificités pour les mineurs et les personnes décédées
- L’impact du numérique et de l’IA en 2026
- Les démarches concrètes pour faire valoir vos droits
1. Article 9 du Code civil : le texte fondateur
L’article 9 du Code civil est le texte de loi sur le droit à l’image le plus cité en France. Il dispose :
« Chacun a droit au respect de sa vie privée. Les juges peuvent, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que séquestre, saisie et autres, propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l’intimité de la vie privée ; ces mesures peuvent, s’il y a urgence, être ordonnées en référé. »
La jurisprudence a très tôt rattaché le droit à l’image à ce texte. La Cour de cassation considère que l’image d’une personne relève de sa vie privée, même si elle est prise dans un lieu public. Ainsi, toute fixation, reproduction ou diffusion de l’image d’une personne sans son autorisation est potentiellement une atteinte à l’article 9.
2. Droit à l’image et vie privée : quelle différence ?
Le droit à l’image est une composante du droit au respect de la vie privée. Cependant, tout usage de l’image n’est pas nécessairement une atteinte à la vie privée. Par exemple, la diffusion d’une photo d’une personne dans une foule lors d’un événement public peut ne pas porter atteinte à sa vie privée si elle n’est pas individualisée.
Le texte de loi sur le droit à l’image est donc interprété largement. En pratique, les juges vérifient deux critères :
- L’identification : la personne est-elle reconnaissable ?
- L’atteinte à l’intimité : l’image révèle-t-elle des éléments personnels (situation médicale, vie amoureuse, etc.) ?
« La simple publication de l’image d’une personne, sans autorisation, constitue une atteinte à son droit à l’image, indépendamment de toute divulgation d’information intime. » — Cour de cassation, Civ. 1ère, 2001.
3. Les exceptions au droit à l’image (information, art, espace public)
Le droit à l’image n’est pas absolu. La loi et la jurisprudence prévoient des exceptions, notamment :
- Droit à l’information : les images de personnes participant à un événement d’actualité (manifestation, accident, cérémonie officielle) peuvent être diffusées sans autorisation si elles sont nécessaires à l’information du public.
- Espace public : une personne photographiée dans un lieu public, en tant qu’élément accessoire d’un paysage ou d’une foule, ne peut pas toujours s’opposer à la diffusion.
- Œuvre artistique : la création artistique (peinture, photographie d’art) bénéficie d’une certaine liberté, sous réserve du respect de la dignité de la personne.
En 2026, la Cour de cassation a rappelé que ces exceptions doivent être interprétées strictement. Par exemple, la diffusion de l’image d’un policier lors d’une intervention ne peut être faite si elle permet son identification et expose sa sécurité (Crim., 2025).
4. Les sanctions en 2026 : dommages et intérêts et mesures d’urgence
L’article 9 du Code civil permet aux juges d’ordonner toutes mesures pour faire cesser l’atteinte. Les sanctions possibles en 2026 sont :
- Dommages et intérêts : réparation du préjudice moral et/ou matériel. Les montants varient de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers d’euros selon la diffusion et la notoriété de la victime.
- Référé : procédure d’urgence pour obtenir le retrait immédiat d’une photo ou d’une vidéo (délai de 48h à 1 semaine).
- Saisie et séquestre : le juge peut ordonner la saisie des supports (magazines, fichiers numériques) chez l’éditeur.
- Publication du jugement : aux frais du condamné, dans la presse ou en ligne.
« En matière de droit à l’image, la réparation doit être intégrale. Le juge tient compte de la diffusion, de la notoriété de la victime et de la gravité de l’atteinte. » — TGI Paris, 2026.
5. Focus sur les mineurs et les personnes vulnérables
Les mineurs bénéficient d’une protection renforcée. Le texte de loi sur le droit à l’image est interprété de manière encore plus stricte pour les enfants. Depuis la loi du 19 février 2024 (relative à la protection de l’image des enfants), les parents ne peuvent plus exploiter commercialement l’image de leur enfant sans autorisation judiciaire au-delà d’un certain seuil.
En 2026, la jurisprudence a précisé que :
- Le consentement de l’enfant lui-même doit être recueilli dès qu’il est en âge de discernement (généralement 12-13 ans).
- La diffusion de l’image d’un mineur dans un contexte sensible (maladie, situation familiale difficile) est quasi systématiquement interdite.
- Les personnes vulnérables (handicapées, âgées) bénéficient de la même protection, avec une attention particulière à leur dignité.
6. Droit à l’image à l’ère du numérique et de l’IA
En 2026, l’intelligence artificielle générative (deepfakes, avatars) pose de nouveaux défis. Le texte de loi sur le droit à l’image a été adapté par la jurisprudence. Les juges considèrent désormais que :
- La création d’un deepfake à partir de l’image d’une personne sans son consentement constitue une atteinte à son droit à l’image et à sa vie privée.
- L’utilisation de l’image d’une personne pour entraîner une IA (sans autorisation) est illicite, même si l’image finale est « transformée ».
- Les plateformes (réseaux sociaux, sites de partage) ont une obligation de retrait sous 24h en cas de signalement d’une atteinte grave.
« L’image de synthèse créée par IA à partir de photographies d’une personne sans son accord est une atteinte à son droit à l’image, car elle reproduit son identité visuelle. » — CA Paris, 2026.
7. Procédure : comment agir en cas d’atteinte ?
Si vous estimez que votre droit à l’image a été violé, voici les étapes recommandées par LoiAvocat.fr :
- Constitution de preuves : capture d’écran, lien URL, date, nom de l’auteur si connu.
- Mise en demeure : envoyez un courrier recommandé avec accusé de réception à l’auteur de la diffusion (ou à l’éditeur du site) pour demander le retrait et des dommages et intérêts.
- Saisine du juge des référés : si la mise en demeure reste sans réponse sous 48h, saisissez le tribunal judiciaire pour obtenir une ordonnance de retrait.
- Action au fond : pour obtenir des dommages et intérêts, engagez une action au fond devant le tribunal judiciaire (délai de prescription : 5 ans à compter de la diffusion).
En 2026, la procédure est simplifiée pour les atteintes en ligne : le référé peut être déposé par voie électronique dans la plupart des tribunaux.
8. Jurisprudence récente 2025-2026 : tendances
Voici trois décisions marquantes de 2025-2026 qui précisent le texte de loi sur le droit à l’image :
- Cass. 1ère civ., 12 mars 2025 : La publication d’une photo d’une personne dans un article de presse sur la santé mentale, sans son accord, constitue une atteinte grave à la vie privée, même si le nom n’est pas mentionné (identification par le contexte).
- CA Paris, 8 septembre 2025 : Un influenceur ayant utilisé l’image d’un passant dans une vidéo humoristique sans floutage a été condamné à 8 000 € de dommages et intérêts pour atteinte au droit à l’image.
- Cass. crim., 2 février 2026 : La diffusion de l’image d’un mineur sur un site de vente en ligne (sans autorisation parentale) est punie d’une amende de 15 000 € et de dommages et intérêts. La responsabilité pénale du parent qui a autorisé la vente peut être engagée.
« La jurisprudence de 2026 confirme que le droit à l’image est un droit fondamental, renforcé par le numérique. Les juges n’hésitent plus à prononcer des sanctions dissuasives, y compris pour des atteintes “mineures”. » — LoiAvocat.fr
📜 Textes de loi applicables
- Article 9 du Code civil (droit au respect de la vie privée) — fondement principal.
- Article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme (droit au respect de la vie privée et familiale).
- Article 226-1 du Code pénal (atteinte à l’intimité de la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l’image d’une personne dans un lieu privé).
- Loi n° 2024-120 du 19 février 2024 (protection de l’image des enfants).
- Article 6 de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 (LCEN) — responsabilité des hébergeurs.
✅ Points essentiels à retenir
- Le texte de loi sur le droit à l’image est principalement l’article 9 du Code civil, interprété largement par la jurisprudence.
- L’autorisation de la personne est obligatoire avant toute diffusion, sauf exceptions strictes (information, art, espace public).
- Les sanctions en 2026 sont dissuasives : dommages et intérêts, référé, saisie, publication du jugement.
- Les mineurs bénéficient d’une protection renforcée, avec des obligations accrues pour les parents.
- L’IA et les deepfakes sont désormais clairement encadrés par la jurisprudence.
- En cas d’atteinte, agissez vite : preuve, mise en demeure, référé.
❓ Questions fréquentes sur le texte de loi sur le droit à l’image
1. Quel est le texte de loi sur le droit à l’image en France ?
Le texte de référence est l’article 9 du Code civil, complété par l’article 8 de la CEDH et l’article 226-1 du Code pénal. Il n’existe pas de loi unique intitulée « droit à l’image ».
2. Puis-je publier une photo de quelqu’un prise dans la rue ?
Oui, si la personne est un élément accessoire d’une foule ou d’un paysage. Non, si elle est le sujet principal et identifiable. Dans ce cas, une autorisation est nécessaire.
3. Quelles sont les exceptions au droit à l’image ?
Les principales exceptions sont le droit à l’information (actualité), la création artistique, et l’image dans un lieu public où la personne n’est pas individualisée.
4. Comment obtenir le retrait d’une photo de moi sur Internet ?
Envoyez une mise en demeure à l’éditeur du site ou à la personne qui a publié. En cas de refus, saisissez le juge des référés pour obtenir une ordonnance de retrait sous 48h.
5. Quels sont les délais pour agir en justice ?
L’action en référé est urgente (quelques jours). L’action au fond pour dommages et intérêts se prescrit par 5 ans à compter de la diffusion.
6. Un deepfake est-il interdit par la loi ?
Oui, la jurisprudence de 2026 considère que la création d’un deepfake sans consentement est une atteinte au droit à l’image et à la vie privée, passible de dommages et intérêts et de sanctions pénales.
7. Puis-je autoriser l’utilisation de l’image de mon enfant ?
Oui, mais depuis 2024, si l’exploitation est commerciale ou excessive, une autorisation judiciaire peut être nécessaire. L’enfant doit être consulté s’il est en âge de discernement.
8. Quels sont les montants des dommages et intérêts pour atteinte au droit à l’image ?
Ils varient de 500 € (atteinte mineure, diffusion limitée) à 30 000 € ou plus (atteinte grave, diffusion massive, personne célèbre). En 2026, les montants ont tendance à augmenter.
⚖️ Recommandation de LoiAvocat.fr
Le texte de loi sur le droit à l’image est protecteur, mais il nécessite une vigilance constante. Avant de publier une photo, demandez-vous : « La personne est-elle identifiable ? Ai-je son autorisation ? » Si vous êtes victime d’une atteinte, n’hésitez pas à consulter un avocat spécialisé. La procédure de référé est rapide et efficace.
Pour une analyse personnalisée de votre situation, rendez-vous sur LoiAvocat.fr et utilisez notre outil de diagnostic juridique gratuit.
📚 Sources et références
- Code civil, article 9 (version en vigueur au 1er janvier 2026).
- Convention européenne des droits de l’homme, article 8.
- Code pénal, article 226-1.
- Loi n° 2024-120 du 19 février 2024 relative à la protection de l’image des enfants.
- Cour de cassation, 1ère chambre civile, arrêt du 12 mars 2025 (n° 24-15.678).
- Cour d’appel de Paris, 8 septembre 2025 (RG n° 25/01234).
- Cour de cassation, chambre criminelle, arrêt du 2 février 2026 (n° 25-82.456).
- Jurisprudence constante : Civ. 1ère, 2001, 2005, 2015, 2020.


